Propositions de Ségolène Royal pour l’Outre-Mer : aller plus loin !
Ségolène Royal présentait ce dimanche ses propositions pour l’Outre-Mer, 3 parmi les 100 mises en avant. Ce n’est certes pas beaucoup mais déjà pas si mal, surtout si l’on tient compte du fait que les 97 autres propositions devront s’y appliquer également.
Hormis la proposition relative à l’enseignement de l’histoire de l’esclavage, pour tous les français, proposition que je rejoins, les deux autres portaient sur l’environnement, pour faire de l’Outre-Mer un lieu d’excellence environnementale, notamment en terme de protection de la biodiversité, et sur le social, pour garantir la continuité territoriale.
La proposition de continuité territoriale, si elle est socialement indispensable, ne doit pas tendre à accroître artificellement le nombre de rotations mises à disposition par les compagnies aériennes. Autant la concurrence élargie pronée par Nicolas Sarkozy sera inefficiente pour répondre au problème du coût du transport auquel il prétend s’attaquer, autant instaurer des contraintes de service public ne repondra pas non plus aux attentes des citoyens d’Outre-Mer. Qui au final finira par financer ces transports ? le contribuable français…
La position la plus crédible serait de dire franchement que le coût du transport va fortement augmenter dans les années à venir, et que la continuité territoriale, si elle doit être maintenue pour certaines situations, sera probablement plus limitée qu’aujourd’hui en volume de passagers bénéficiaires.
Par ailleurs, élargir le champ d’application de la continuité territoriale, bien que ce soit une mesure à même de séduire une grande part de l’électorat ultra-marin, va à l’encontre de vos objectifs d’excellence environnementale. Le transport aérien rejette beaucoup de co2, il revient à ceux qui y recourrent de payer le prix réel de cette pollution qu’ils génèrent.
Quant à la question de l’excellence environnementale, je ne peux qu’y souscrire.
Mais cette excellence environnementale ne doit pas se limiter à la préservation de la biodiversité. Elle ne doit pas non plus se limiter à produire 20% de la consommation énergétique par des énergies renouvelables en 2020 (d’autant que la formulation de cette proposition laisse à penser que cela ne concerne que la consommation électrique).
Si on veut que l’Outre-Mer atteigne une qualité de vie qui lui permette de faire face aux défis de demain, c’est un idéal de 100% d’énergie renouvelable qu’il faut se fixer comme objectif, et, très rapidement, un objectif d’une contribution zéro au réchauffement climatique d’ici 2020.
Cet objectif est atteignable en Outre-Mer si on en fait une priorité politique, économique et sociale au niveau local.
Madame Royal, vos propositions actuelles pour l’Outre-Mer vont dans le bon sens. Néanmoins, elles ne vont pas assez loin et ne constituent ni une réponse aux enjeux de développement durable en Outre-Mer, ni un objectif suffisamment mobilisateur pour les habitants de nos régions.