Michaux-Chevry prête à rempiler ?

Malgré qu’elle rappelle "avoir tourné la page de la politique", Lucette demeure toujours aussi active sur la scène locale, comme en témoigne l’accueil qu’elle a réservé à Michèle Alliot-Marie, ainsi que sa capacité à émettre des jugements sur les autres hommes politiques. MLC sera-t-elle une des clefs de la réussite de la possible candidature de MAM pour 2007 en Guadeloupe face à la candidature Sarkozy ? En tout cas cette dernière dispose avec Lucette d’un solide soutien…
Article paru dans le Monde du 30 août 2006 :
La sénatrice de Guadeloupe, sa "chère Michèle", et les autres
C’est une sorte de Cruella sympathique et inusable. D’une main, elle encense, de l’autre, elle sabre. Samedi 26 août, à Baillif (Guadeloupe), Lucette Michaux-Chevry, sénatrice de Guadeloupe, a quasiment volé la vedette à sa "copine" la ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie, qui effectuait un déplacement de quatre jours aux Antilles et en Guyane. La climatisation a rendu l’âme, dans la petite mairie en surchauffe, mais Mme Michaux-Chevry garde l’esprit frais.
Elle règle d’abord son compte à son vieil ami Jacques Chirac, pour la prochaine présidentielle : "J’adore Jacques Chirac. On devient souvent un tigre sauvage en politique, tandis que lui n’a jamais perdu ses qualités humaines. Mais à sa place, je ne serais pas candidat." Parfaite tigresse elle-même, elle vieillit le président de deux ans : "A 75 ans, je pense que Jacques ne doit pas y aller. Maintenant s’il y va…", dit-elle. Vient le tour de Nicolas Sarkozy, probable candidat de l’UMP à la présidentielle. "En politique, il n’y a jamais de candidat incontournable qui ne saurait être battu", assène-t-elle. Il est encore prématuré d’apporter son soutien au ministre de l’intérieur, selon elle. Il ne lui donne pas toute satisfaction ; la violence, le non-respect du droit, la situation des immigrés sans papiers "ne peuvent satisfaire les Français, c’est vrai", se désole la sénatrice. Mais s’il est désigné, alors, elle le soutiendra "de toutes [ses] forces".
Seule "MAM" trouve grâce à ses yeux. Sa "chère Michèle", a "du courage, de la ténacité, de la détermination". Il est temps que les Français comprennent, dit-elle "que les rênes de ce pays sont bien tenus par les femmes" – même si Ségolène Royal aura droit, elle aussi, à son petit lot de méchancetés. De là à faire de "l’excellente" ministre de la défense une candidate à la présidence de la République, il y a un pas que Mme Michaux-Chevry ne saurait franchir. "Si elle estime qu’elle a des chances, elle y va. Mais nous avons beaucoup chuchoté ensemble et si elle était candidate, je pense qu’elle me l’aurait dit."
La presse a même été invitée à Basse-Terre, à un cocktail, dans la résidence luxueuse et kitch de la souveraine un peu déchue de la Guadeloupe. "Les filles ! un jus…", commande Mme Michaux-Chevry à sa domesticité féminine pour son invitée de marque, tandis que les deux femmes sont assises dans de grands fauteuils en rotin blanc. Dans son tailleur pantalon de soie blanche, Mme Michaux-Chevry ne tient pas en place. Debout, elle sautille, pour exécuter la candidate à la candidature du PS pour 2007. "Ségolène, gna-gna-gna, la Royal, c’est du vent", explique-t-elle à un auditoire médusé. "Elle me fait penser à une poupée gonflée : avec Blair, Mitterrand et Sarkozy", explique-t-elle. Attention, "elle n’est pas gentille", avertit cette orfèvre en gracieusetés et Martine Aubry vaut mieux, "malgré ses 35 heures". Dans son camp, elle aime aussi Alain Juppé : "Bien sûr qu’il doit revenir ! Emmanuelli est bien revenu…" Quant à elle, à 78 ans sonnés, malgré quelques casseroles judiciaires, elle n’est pas prête à dételer. "Ce qui est important, c’est sa capacité à soi de sentir que l’on peut continuer", assure-t-elle. Serait-elle candidate aux législatives en 2007 ? "J’ai tourné la page, commence-t-elle, mais si le vent la rabat…"