énergie

L’huile de noix de coco, nouveau carburant écolo du Pacifique

PORT-LOUIS, 14 jan (AFP) – L’huile de noix de coco, utilisée pour la cuisine et les massages, sert aussi de carburant dans plusieurs îles du Pacifique, une solution écologique et qui pourrait réduire la dépendance énergétique de ces petits pays.

Le Vanuatu, un archipel du Pacifique de 217.000 habitants, consacre environ 20% de son budget à l’importation de pétrole, cela représente un coût énorme pour une petite économie comme la nôtre » explique à l’AFP Russel Nari, de son ministère de l’Environnement.

La dépendance énergique constitue l’un des nombreux problèmes de ces Etats, éloignés des grands marchés. D’où l’idée de développer des énergies nouvelles locales, à partir notamment de la noix de coco, très répandue sur les îles.

Son utilisation comme carburant remonte en fait à la Seconde Guerre mondiale, explique Espen Ronneberg, conseiller inter-régional pour les petites îles en développement.

« Il y avait un manque d’essence aux Philippines. Et des habitants ingénieux ont découvert que l’on pouvait utiliser de l’huile de noix de coco, mélangée au diesel, pour les voitures », raconte-t-il. « L’idée a ensuite été abandonnée, avant d’être reprise il y a quelques années, en raison notamment de l’augmentation des cours pétroliers ».

Aujourd’hui, plusieurs pays – Vanuatu, Samoa et les îles Cook (Pacifique sud), ainsi que les îles Marshall (Pacifique occidental) – utilisent l’huile de noix de coco comme carburant. Mais à une petite échelle jusqu’ici. Une centaine de bus privés roulent avec ce carburant à Port Vila, la capitale du Vanuatu. Aux îles Marshall, le ministre des Affaires étrangères donne aussi l’exemple.

« Si nous avons les capitaux nécessaires pour produire l’huile de noix de coco pour les voitures et si le lobby pétrolier ne nous met pas de bâtons dans les roues, les îles pourront réduire sensiblement leur dépendance énergétique », estime M. Nari.

Ce carburant naturel présente de nombreux avantages.

Il ne pollue pas, et mieux encore, il « sent très bon », affirme M. Nari.

Il est bon marché aussi. Compter 80 cents pour un litre d’huile de noix de coco, contre 1,17 dollar pour un litre de diesel.

Autre avantage, sur le plan économique. Le prix mondial de la noix de coco, l’un des principaux produits d’exportation des îles du Pacifique, s’est effondré au cours des dernières années, touchant de plein fouet ces petites économies. « C’est catastrophique car des familles entières dépendent de la noix de coco », explique M. Nari. Le carburant écologique donne donc une « nouvelle vie à la noix de coco » car il crée des emplois, se réjouit-il. Actuellement, une vingtaine de salariés travaillent à Port Vila dans des usines de production de carburant à base de noix de coco.

Toutes les voitures qui roulent au diesel peuvent fonctionner à l’huile de noix de coco, sans modification technique. « Si vous tombez en panne d’huile de noix de coco, vous pouvez vous arrêter à la prochaine station essence et faire le plein de diesel », explique M. Nari.

Il suffit de cinq noix de coco pour produire environ un litre de carburant. Le processus de fabrication est comparable à celui de l’huile pour le massage, il faut simplement purifier davantage l’huile.

Pourquoi ne pas utiliser ce carburant dans les pays industrialisés ?

L’huile de noix de coco ne peut être utilisée qu’à une température ambiante minimum de 17 degrés centigrades, selon M. Ronneberg. La solution, avance-t-il, serait d’inventer des réservoirs chauffants.