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Les élus communistes réunionnais en faveur du développement durable

Marie-Pierre Hoarau, conseillère régionale et membre de la commission du développement durable commente dans le journal Temoignages (http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=17543) du 20 septembre la partie développement durable du programme du Parti communiste Réunionnais et l’état des lieux de l’énergie à la Réunion.

Si on ne peut qu’être d’accord dans les grandes lignes avec les propos de Madame Hoarau, ainsi que se féliciter que le développement durable ait une bonne place dans le programme du PCR, j’aimerais toutefois apporter quelques remarques sur les propos qu’elle a tenus :

– Mme Hoarau se félicite d’avoir réduit le rythme de progression de la consommation électrique sur l’île, de +8% à +4%. Certes la vente d’ampoules basse consommation a permis d’atteindre un peu plus aisément ce résultat, mais les efforts à réaliser désormais sont plus difficiles à réaliser : chauffe-eau solaire,… Ce n’est donc pas d’une croissance de +2% que Marie-Pierre Hoarau devrait viser, mais réellement une diminution en valeur absolue de la consommation électrique de l’île. Cela est possible, cela serait davantage créateur d’emploi, et enfin cela permettrait d’atteindre plus rapidement qu’en 2025-2030 l’objectif souhaité d’autosuffisance énergétique, objectif ambitieux mais si lointain que personne ne sera motivé pour l’atteindre.

– Mme Hoarau mentionne l’utilisation de la bagasse non utilisée à d’autres usages pour la création de Bioethanol. Je ne connais pas les volumes disponibles pour la Réunion, mais en Guadeloupe, où davantage de bagasse est utilisable, la production d’éthanol ne permettrait de couvrir que 4% de la consommation annuelle d’essence auto, soit 2% de la consommation totale de produits pétroliers du département, qui utilise moitié gazole moitié essence.
Certes le développement de cette filière est indispensable pour créer de nouveaux emplois et contribuer, même si c’est de peu, à l’autonomie en termes de carburant. Mais de grâce, ne faisons pas rêver nos concitoyens avec un eldorado à la brésilienne : nos DOM TOM ne disposent pas de suffisamment de surfaces cultivables pour générer assez de biomasse utilisable pour la production d’éthanol. Là encore, je suis au regret de le rappeler, le plus efficace sera très certainement de réduire la consommation globale de l’île, en limitant nos déplacements les moins utiles, et en améliorant encore les transports en commun.

– Quant au pôle de compétitivité pour les énergies renouvelables, la Guadeloupe il me semble vient de demander la création d’un tel pôle. Le plus efficace serait probablement une mutualisation des connaissances entre les DOM, confrontés aux mêmes contraintes (autonomie, risques climatiques,…) et potentialités (notamment dans l’énergie solaire) pour proposer une offre industrielle crédible et forte.

Voilà, je suis heureux que le développement durable soit désormais inclus de manière explicite et détaillée dans le programme de l’un des principaux partis politiques de la Réunion, à défaut de l’être dans les programmes au niveau national.

Voici le texte de l’article.

 
Marie-Pierre Hoarau : "La Réunion est exemplaire dans le domaine de l’énergie"

 

Dans le "nouveau contrat social" proposé par le PCR, une part importante est faite au développement durable, mais aussi à la défense de notre environnement, projetant ainsi notre région dans un avenir durable. Deux points paraissent essentiels dans l’approche écologique développée dans ce document, l’eau et l’énergie. Les deux ressources vitales pour notre vie. En effet, pour que La Réunion se projette dans un plan de développement durable, il est absolument nécessaire d’attaquer ces deux problèmes de fond dans une optique d’autosuffisance. L’énergie solaire est une ressource inépuisable. Pour ce volet Énergie du "projet de contrat social", nous avons interrogé Marie-Pierre Hoarau, conseillère régionale, membre de la Commission du développement durable. Le sujet de l’eau sera développé dans une prochaine édition.

Est-il possible d’envisager à court terme une vignette automobile régionale sur les véhicules les plus énergivores (hormis les véhicules professionnels) ?

- L’Europe pourrait tout à fait proposer l’obligation de vignettes automobiles précisant leur consommation énergétique comme cela se fait déjà sur les équipements ménagers. Je rappelle que l’étiquette A, A+ correspond aux équipements les moins énergivores et a contrario, les étiquettes C et D correspondent à ceux des plus consommateurs d’énergie, l’information et l’éducation du consommateur sont primordiales.

Peut-on imaginer à court terme la production industrielle d’éthanol ?

- La production d’éthanol est possible à La Réunion. D’ores et déjà, les industriels ont annoncé qu’une production est possible dès l’année prochaine à partir d’une petite partie de la mélasse non entièrement exploitée. Pour autant une production industrielle, comme au Brésil par exemple, n’est envisageable qu’à moyen ou à long terme, pour des raisons purement de rentabilité économique. Dans la situation instable du sucre, nous devons rester très vigilants sur la question des biocarburants, pas seulement le bioéthanol mais aussi le diester, (adapté aux véhicules diesel), pour être aussi réactifs que possible.

Peut-on imaginer un pôle d’excellence sur les énergies renouvelables à la Réunion comme il en existe un sur l’agroalimentaire ?

- Tout à fait, d’ailleurs un groupe d’industriels de l’énergie et de la recherche s’est constitué pour élaborer un dossier de création d’un pôle de compétitivité dans le domaine de la maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables. Nous avons bon espoir que ce pôle soit agréé, l’expertise de la Réunion dans ce domaine n’est plus à démontrer, c’est maintenant l’excellence au niveau national et international que nous devons viser.

La Réunion est souvent citée pour son avance en matière d’énergies renouvelables dans l’ensemble de l’Europe, notamment dans la "Lettre Tescol" (Lettre d’info de l’Energie solaire), pourquoi, que ce soit dans les médias réunionnais ou dans les médias métropolitains ne met-on jamais nos compétences en exergue (La Réunion a sur son sol la plus grande centrale solaire de France sur le toit de la SAPRIM) ?

- En effet, la Réunion est exemplaire dans le domaine de l’énergie. Il suffit de voir l’essor de la filière chauffe-eau solaire par exemple. La machine régionale du plan énergétique est en route et il faut maintenant accélérer son allure. Pour preuves, une ferme d’1MW de photovoltaïque installé, 5 MW supplémentaires prévus pour 2007-2008, une ferme éolienne à Sainte-Suzanne de bientôt 7 MW, des forages géothermiques début 2007, des constructions HQE (haute Qualité Environnementale) économes en énergie, une croissance de la demande en énergie qui est passée de 8% à 4% aujourd’hui, grâce à des actions significatives en maîtrise de la demande électrique… Je rappelle 230 000 lampes éco vendues en 2 semaines… Pour 2007/2013, une stratégie politique forte de généraliser le chauffe-eau solaire sur tous les toits réunionnais. "Plus une case sans eau chaude solaire !". Diviser par 2 cette croissance de demande en énergie, c’est-à-dire atteindre les 2%. Nous devons donc garder cette avance et le cap, celui d’atteindre l’autosuffisance énergétique à l’horizon 2025-2030. Et bien sûr, les médias ont un rôle essentiel à jouer pour relayer toute cette “énergie” déployée afin de développer durablement notre île et la planète.

Propos recueillis par Philippe Tesseron

 

Une réflexion sur “Les élus communistes réunionnais en faveur du développement durable

  • Quand on parle de développemet du râble, la première chose à faire serait de demander l’avis des lapins !

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