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Le premier ministre confronté aux impatiences des élus antillais

Article paru dans Le Monde du 4 janvier 2008
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-995646,0.html

Lors de son déplacement en Guadeloupe, puis en Martinique, du jeudi 3 au samedi 5 janvier, François Fillon va être confronté à l’impatience des élus locaux. Le cahier de doléances des Antilles s’est rempli depuis la précédente visite du premier ministre, fin août 2007, qui avait suivi le passage du cyclone Dean.

"Nous avons besoin du soutien de l’Etat pour le traitement des déchets, la rénovation urbaine des villes de Pointe-à-Pitre et des Abymes et pour la mise en oeuvre du plan séisme, explique-t-on dans l’entourage de Victorin Lurel, président du conseil régional de la Guadeloupe et député socialiste. Sur tous ces sujets, François Fillon va être confronté à l’insatisfaction des ultramarins."

Les Antilles ont été touchées, le 29 novembre, par un tremblement de terre qui a fait six blessés. Le bilan aurait pu être plus grave, de nombreux bâtiments n’étant pas aux normes antisismiques. Le secrétaire d’Etat à l’outre-mer Christian Estrosi, a promis, le 3 décembre, la mise en oeuvre du plan séisme aux Antilles pour un montant de 350 millions d’euros. "On ne sait pas pour l’instant où il va les trouver", se demande-t-on au cabinet de M. Lurel.

Les élus antillais attendent encore la mise en oeuvre de certains engagements de campagne de M. Sarkozy. Le principal concernait la mise en place de zones franches globales, c’est-à-dire de mécanismes de défiscalisation par secteurs d’activité sur l’ensemble d’un territoire. Ce projet, qui devait être initialement présenté en conseil des ministres en début d’année, a pris du retard. "Le texte est prêt mais il doit encore être validé en interministériel", fait-on valoir à l’Elysée.

L’autre sujet sur lequel les Français d’outre-mer attendent le gouvernement concerne la continuité territoriale entre les DOM et la métropole, c’est-à-dire essentiellement le prix des billets d’avion pour les Antilles et la Réunion, jugé trop élevé en raison d’un quasi-monopole d’Air France sur ces destinations. M. Sarkozy avait nommé un délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’outre-mer, en la personne de Patrick Karam, ancien président du Collectif DOM. Celui-ci proposait la mise en place d’un "chèque congés bonifiés" permettant aux ultramarins de métropole de fractionner leurs vacances. Mais M. Karam, en conflit avec M. Estrosi, vient de donner sa démission. Les engagements sur la continuité territoriale sont suspendus à la nomination de son successeur.