Le député Jean-Christophe Lagarde en campagne pour Bayrou à Tahiti
Article paru dans Tahiti Presse, le 7 avril 2007 :
Le député UDF Jean-Christophe Lagarde effectue un séjour de deux jours à Tahiti pour soutenir la candidature de François Bayrou à l’élection présidentielle. Conférence de presse, réunions publiques et rencontres sont au programme de l’élu centriste venu soutenir le comité polynésien de soutien du candidat.
Arrivé vendredi à 4h du matin à l’aéroport de Tahiti Faa’a, Jean-Christophe Lagarde n’a pas chômé. Dès 9h, il a immédiatement débuté son programme de visites et de rencontres avec une conférence de presse. Estimant que ‘la situation est grave", le député a tout de suite voulu faire le parallèle entre les deux situations, la nationale et la locale, dans lesquelles l’on peut remarquer un "affrontement" entre deux blocs qui, pour lui, ne considèrent la Polynésie française que "comme un instrument électoral". Le député souligne qu’aucun des deux candidats de l’UMP ou du PS n’est venu en Polynésie française, un état de fait qu’il trouve pour sa part "choquant". A contrario, indique-t-il, "François Bayrou y est venu deux fois en deux ans".
Jean-Christophe Lagarde est venu tout d’abord exposer quelques points du programme du candidat du "centre", un programme auquel souscrivent Philip Schyle (Fetia Api) et Nicole Bouteau (No Oe e Te Nunaa), présents au côté du député tout au long de son séjour. Il a assuré tout d’abord que François Bayrou élu président de la République "rétablirait en Polynésie française un Etat républicain et démocratique, un Etat impartial, qui puisse garantir des institutions stables et un gouvernement stable". Et le député de pointer du doigt les conditions, selon lui, "non démocratiques" de la mise en place du statut de 2004 et de sa fameuse prime majoritaire. Cette impartialité de l’Etat, aux antipodes d’une relation de "copinage", est pour le député un préalable nécessaire au redémarrage de l’économie polynésienne dont les difficultés sont "amplifiées par les retournements politiques permanents".
Continuité territoriale et décentralisation
Jean-Christophe Lagarde a ensuite évoqué quelques propositions du candidat Bayrou pour la Polynésie française. Concernant l’emploi, il a rappelé qu’ici – comme en métropole – celui-ci favoriserait le développement des petites entreprises en leur permettant, notamment, de créer deux emplois avec des charges limitées à 10 % (cotisations retraite). Le candidat centriste propose aussi de revoir la défiscalisation en permettant à des petits revenus métropolitains de financer des programmes de logements sociaux polynésiens. La continuité territoriale doit également être revue et aménagée aussi en faveur des résidents ultramarins en métropole. "Il faut casser l’idée que la reconnaissance des langues régionales soit une atteinte à l’unité nationale", a défendu Jean-Christophe Lagarde en rappelant que "François Bayrou est Béarnais et parle le béarnais". Ce qui vaut, bien entendu, pour les langues polynésiennes qui devraient être reconnues dans les actes administratifs. Le député a aussi parlé de l’instauration d’une véritable décentralisation des archipels par rapport à Tahiti en "remettant les communes au coeur de l’action publique". "Vingt-cinq ans après la mise en place de la décentralisation en France, les communes de Polynésie française ne sont toujours pas considérées comme majeures", a-t-il souligné.
Il a évoqué également une représentation du Pacifique au Parlement européen et la possibilité d’élire en Polynésie française un troisième député à l’Assemblée nationale à partir d’un nouveau découpage électoral: zone urbaine de Tahiti, zones rurales et archipels.
Jean-Christophe Lagarde a rappelé, enfin, que François Bayrou s’est engagé pour un "développement durable" et que, premier candidat à avoir signé le pacte pour l’écologie, il entendait créer un poste de vice-Premier ministre chargé de l’Ecologie.
Une alternative à "Sarkoglosse et Ségoscar"
Précisant que le candidat Bayrou avait une véritable volonté de "briser le carcan qui paralyse la vie politique", française et polynésienne du fait de la bipolarisation UMP/PS et Tahoeraa/Tavini, M. Lagarde s’est dit inquiet, d’une part du "pacte" établi entre Ségolène Royal et le Tavini (composante indépendantiste majoritaire de l’UPLD) et, d’autre part d’"un nouveau coup de pouce donné à Gaston Flosse, si Nicolas Sarkozy était élu. Une inquiétude partagée par Philip Schyle qui a parlé de "Sarkoglosse et de Ségoscar", pour décrire le "système" en place et renchérir sur l’expression de M. Lagarde parlant d’une "longue laisse" entre Paris et la Polynésie française. Et parlant de la relation du président de la République avec la Polynésie française, Jean-Christophe Lagarde, sans nommer Gaston Flosse, a expliqué que pour le candidat Bayrou, celui-ci "ne doit pas être le frère du premier des Polynésiens, mais l’ami de tous les Polynésiens". Il n’a pas été plus tendre pour l’alliance Royal/Temaru: "Quelle promesse Ségolène Royal a-t-elle faite à Oscar Temaru, leader du parti indépendantiste Tavini? Lors des élections de 2002, celui-ci avait demandé à ses électeurs d’aller à la plage !"
François Bayrou veut "casser le système politique qui verrouille le fonctionnement d’une véritable démocratie", a enfin expliqué M. Lagarde, qui estime que les Français sauront donner une majorité présidentielle aux élections législatives si François Bayrou est élu.