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En Guyane, François Bayrou au chevet des Amérindiens

Voici un article paru dans le NouvelObs du 31 mars
http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/societe/20070331.FAP3196/en_guyane_francois_bayrou_au_chevet_des_amerindiens.html

Sous une chaleur moite et matinale, François Bayrou n’a pas gardé longtemps sa cravate. Le candidat UDF à la présidentielle a entamé samedi sa deuxième journée en Guyane française par une rencontre avec une délégation d’Amérindiens.

"J’ai voulu cette rencontre avec les Amérindiens, qui sont les premiers habitants de Guyane. Ils ont aidé les Français à s’y installer", a confié François Bayrou.

La population amérindienne dans le département d’outre-mer est estimée à 20.000 personnes, partagées en plusieurs communautés installées sur le littoral de la Guyane ou l’intérieur des terres.

Leurs problématiques restent toutefois identiques. Aujourd’hui, la pollution engendrée par l’orpaillage clandestin menace les lieux de vie de ces populations. "Tout ce que nous demandons, c’est qu’on respecte notre mode de vie", a expliqué Brigitte Wyngaarde, chef coutumier de Balaté, village amérindien sur le territoire de la commune de Saint-Laurent.

Elle a rappelé au candidat de l’UDF que les Amérindiens, à l’occasion de l’enquête publique sur le Parc amazonien créé il y a tout juste un mois, avaient émis des remarques qui n’ont pas été entendues. "Nous voulons être proches de la zone coeur du parc pour qu’il n’y ait pas d’orpaillage dans notre zone de vie".

"La France avait la possibilité de mettre en valeur le peuple autochtone à travers ce parc", a ajouté Alexis Tiouka, membre du Comité de soutien aux Amérindiens.

Son frère Félix Tiouka, membre fondateur de la Fédération des organisations autochtone de Guyane (Foag), a ajouté que la France a maintes fois pris des engagements, même au niveau international, qui n’ont pas été respectés, notamment sur la reconnaissance des peuples autochtones. "Si la France ne résout pas le problème, il se passera ce qu’il se passera", a-t-il prévenu, rappelant que cette question "est une épine dans le pied de l’État".

Pour François Bayrou, "la France doit montrer qu’elle n’a pas oublié la place de ce peuple". Il a jugé que les Amérindiens "méritent d’être protégés". "Je serai aussi leur président", a-t-il promis. "Le défenseur de ceux qui n’ont pas de défenseur, les citoyens de base qu’on n’écoute pas. Ils doivent toujours avoir un recours et ce sera le président".

Le candidat s’est engagé, en cas d’accession à l’Élysée, à créer une structure capable de porter une réflexion sur la question amérindienne notamment sur la gestion des zones de vie, la culture, le droit et "l’orpaillage clandestin, question difficile en raison de la géographie qui ne se prête pas à une surveillance appropriée".

Questionné sur sa baisse dans les sondages, le candidat de l’UDF n’a pas voulu entendre parler de baisse de régime. Les Français ont "besoin d’une page qui tourne, d’une politique nouvelle. C’est aussi vrai en Guyane que dans les autres régions françaises. Et le seul moyen c’est ma candidature", a-t-il assuré. AP