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La sixième extinction

Ce n’est pas une nouveauté mais je suis en train de lire cet ouvrage de référence, à l’heure où on évoque avec de plus en plus d’alarmisme de la destruction de la biodiversité.

Voici un aspect scientique qui me paraît très intéressant, notamment en ce qui concerne les débats sur les garanties de reconstitution des espaces naturels à l’issue de défichements pour exploitation minière, comme aujourd’hui en Guyane.
Dans leur analyse de l’évolution des écosystème et de leur regénération, les scientifiques ont abandonné plus ou moins la théorie de Darwi, de façon à mieux expliquer les variabilités des écosystèmes, y compris au sein d’un espace restreint : par exemple certains arbres sont présents à un endroit d’une forêt et moins à un autre.
Trois hypothèses permettent d’expliquer en partie ces constats.
La première est celle de variations géographiques invisibles à l’oeil nu : structure du sol, distance à la nappe phréatique,… La seconde est la théorie du chaos : elle permet de constater des îlots de peuplement au sein d’un espace alors même que toutes les autres conditions sont identiques par ailleurs.

La troisième est bien sûr la plus intéressante pour nous : l’histoire de la constitution de l’écosystème.
Les scientifiques montrent que dans des conditions naturelles identiques plusieurs écosystèmes distincts sont viables, sans qu’aucun soit prédominant sur les autres (ce qui au passage remet un peu en question la théorie des plantes et animaux invasifs). Cela signifie que la présence de tel ou tel écosystème est expliquée uniquement par l’évolution passée de ce dernier.
Ils montrent aussi, que si on choisit un "échantillon" d’espèces susceptibles de constituer un écosystème viable, on ne parvient jamais à le reconstituer de manière viable directement en combinant ces espèces. Il est donc nécessaire de repasser par toutes les étapes de son évolution.

Je cite maintenant le passage à l’identique qui nous concerne directement : "On voudrait de plus en plus, ces temps-ci, reconstituer des écosystèmes qui ont été dégradés ou détruits. On peut citer les deux exemples récents des prairies du Midwest et des Everglades, en Floride. Dans ces deux cas, les écologistes connaissaient la composition des communautés d’origine, grâce à des documents historiques. Jusqu’aux travaux que je viens d’évoquer, les écologistes pensaient qu’il suffirait de rassembler les espèces et de les laisser s’ébattre dans un habitat choisi pour reformer l’écosystème en question. Ils s’étonnèrent en constatant que ça ne marchait jamais. On sait maintenant pourquoi."

Prenons donc bien garde, avant de porter atteinte à un habitat quelconque à en mesurer l’impact sur la biodiversité, sur les services rendus par cet espace (valeur d’usage de la Nature) ainsi que sur le "patrimoine" qu’il constitue.
Si on retire par ex des projets miniers la possibilité que proposent les concessionnaires de reconstituer l’habitat naturel détruit, ces derniers deviennent dès lors nettement moins intéressants.