La distillerie Bologne s’engage sur la voie du développement durable
La distillerie Bologne passe à l’heure du développement durable
Grâce à l’aide de la Région, à hauteur d’1,2 M d’euros sur un total de 5,8 M, la distillerie s’est équipé de deux filière de traitement de ses résidus d’exploitation :
– un méthaniseur : ce dernier a pour objet de traiter l’ensemble des vinasses issues de l’extraction du jus de canne. Les biogaz récupérés sont brûlés (ce qui permet de générer du CO2 en lieu et place du méthane, dont l’effet de serre est plus important) et la chaleur sert à produire de la vapeur pour en faire de l’électricité, pour une puissance de 200 kW.
En sortie de traitement, les boues issues de méthanisation servent à l’épandage dans les champs de canne, l’eau sert à l’irrigation.
– une chaudière à bagasse. D’une capacité de production de 15 tonnes de vapeur par heure, cette chaudière sert également à alimenter les besoins de l’usine en électricité.
Cette initiative est un excellent exemple de la manière dont on doit concevoir le développement durable, qui loin d’être un frein est plutôt un atout pour l’économie. Dans le cas présent, les économies d’électricité seront un atout supplémentaire pour l’entreprise, ainsi que pour l’économie guadeloupéenne qui verra sa demande en énergie électrique diminuer légèrement.
Les seules remarques qu’on pourrait apporter sont les suivantes, et rien n’empêche qu’elles soient développées ultérieurement :
– le biogaz produit par la méthanisation est dans le cas présent transformé en énergie électrique. Il serait plus intéressant globalement sur le plan du rendement énergétique de le comprimer pour ensuite l’utiliser dans le transport de véhicules. On peut supposer que si les pouvoirs publics développent une flotte de bus ou de véhicules fonctionnant au biogaz il feront alors appel à ce type de société pour racheter leur production. On peut aussi envisager la production de biogaz par méthanisation de la partie fermentescible des déchets ménagers.
– les pouvoirs publics travaillent sur la possibilité d’utiliser la bagasse pour produire des biocarburants. L’utilisation en chaudière comme aujourd’hui entre-t-elle directement en compétition avec cette filière ?
– enfin, concernant la possibilité de développer la filière canne sur les terrains pollués par le Chlordécone, pour en faire un usage énergétique (production d’électricité). Il reste néanmoins à valider que le bilan énergétique global sera nettement positif. Chaque litre de pétrole consommé sur l’ensemble de la chaine de production de la canne devra servir à produire au moins 4 KWh d’électricité, ce qui est le rendement actuel des usines thermiques d’EDF.