Assises de l’Agriculture et de la Ruralité, en Guadeloupe
Les assises régionales de l’agriculture et de la ruralité ont eu lieu hier en Guadeloupe, mobilisant élus des deux collectivités régionales (Conseil Régional et Conseil Général), organisations et personnalités impliquées par ce sujet.
L’objectif de préserver les filières agricoles et développer les cultures vivrières ont été réaffirmés, ce qui ne mange pas de pain et permet de témoigner de la continuité des politiques régionales sur le sujet.
Des baux agricoles ont été signés à l’occasion de ces assises pour faciliter l’installation de 11 jeunes agriculteurs et montrer concrètement l’engagement des élus sur ce dossier.
Enfin, un objectif de passer de 45% de l’alimentation issue de la production locale au lieu de 30% aujourd’hui a été fixé.
Cet objectif de 45% de consommation de produits locaux est pour nous une évidence et ne va même pas assez loin.
Ce devrait être de manière idéale quasiment 100% de l’alimentation qui devrait provenir soit d’une production guadeloupéenne, soit caribéenne, de façon à favoriser les filières de production et d’agro-transformation locales, et surtout limiter les transports de marchandises avec la Métropole ou les Etats-Unis.
Par ailleurs, ce taux de 45%, même s’il signifie une hausse de près de moitié (mais je n’ai pas compris à quelle échéance cet objectif est fixé) est réalisable de manière réaliste : d’une part, la structuration des filières animales, le développement des cultures vivrières lié à la diversification agricole vont conduire à une offre accrue, donc mieux répondre à la demande ; d’autre part, la hausse des coûts du transport aérien et maritime vont renchérir les produits importés, en limitant ainsi la demande au profit de produits locaux ; enfin, la population guadeloupéenne est de plus en plus consciente que l’achat de produits locaux favorise l’activité et l’emploi au niveau régional dans l’agro alimentaire, activité dont plus qu’ailleurs la bonne santé est nécessaire pour garantir celle de l’économie dans son ensemble.
Pour accélerer la réalisation de cet objectif, Cap21 rappelle sa position sur les mesures à engager :
– améliorer la tracabilité des produits : de façon à garantir au consommateur la provenance de l’aliment, le garantir de son caractère sain et de la possibilité de remonter la filière en cas de risque avéré. C’est une nécessité de santé publique de garantie la sécurité alimentaire. C’est une assurance de débouché et de bonne pratique qui valorise les actions de structuration entreprises par les organismes des différentes filières. C’est enfin un geste indispensable envers le consommateur, en ces temps d’inquiétude face à la pollution au chlordécone.
– accentuer l’organisation en filières et leur faciliter le travail : cela est déjà bien engagé pour la plupart des catégories d’animaux élevés et des cultures alimentaires. Cap21 demande toutefois que soit rétabli un abattoir en Basse-Terre, pour une plus grande efficacité de la profession, ainsi que la création d’un Marché d’Intérêt Régional, afin de faciliter les échanges entre producteurs et grossistes.
– garantir la SAU : si on souhaite que demain on dispose d’une agriculture suffisante pour nourrir la région, il importe de prendre des mesures fortes pour garantir la surface totale accessible à l’agriculture. Au-delà de la politique d’accession à la terre de jeunes agriculteurs, les collectivités locales doivent s’engager dans les PLU à conserver ne importante surface réservée à l’agriculture, doivent s’engager à ne pas accroître davantage le réseau routier.