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Yves Jégo suffira-t-il à sortir de la crise en Guadeloupe?

L’arrivée d’Yves Jégo sur le sol guadeloupéen est annoncée
pour ce dimanche, et ce pour une durée indéterminée…

Heureusement, car près de deux semaines après le début du conflit, l’Etat n’était toujours représenté que par le Préfet, laissant indirectement entendre que la situation n’est pas
suffisamment préoccupante aux yeux du gouvernement pour justifier la venue sur place du Secrétaire d’Etat directement concerné.

Victorin Lurel a ainsi eu beau jeu d’ironiser sur l’absence de Jégo, qui pendant que la situation s’aggravait en Guadeloupe, était en déplacement à la Réunion pour inaugurer une
installation photovoltaïque !

Certes, c’est l’hôpital qui se moque de l’infirmerie, (Victorin Lurel n’étant pas lui-même toujours présent pour défendre à l’assemblée les textes qui concernent directement ses concitoyens), mais
le fait est que Jégo a brillé par son absence.

A sa décharge tout de même, le sous-ministre – comme le nomme le Canard Enchainé – n’a pas fait le mort. Il s’est  adressé à la population Guadeloupéenne par un message sur internet
de mercredi dernier :

Message d’Yves Jégo, Secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-Mer

Si une telle manière de communiquer peut paraitre moderne et adaptée pour adresser ses voeux à la population, dans le cas présent cette vidéo au mieux frôle le tragi-comique, au pire révèle
le manque de prise en compte de la réalité de la situation par le gouvernement.

C’en est fini pour la forme et j’en viens maintenant au fond du conflit.

J’ai soutenu et soutiens toujours le principe de la manifestation contre la vie chère, pour le pouvoir d’achat et le respect du travail dans la répartition des richesses. Je ne souhaite pour
autant pas que toute l’économie soit bloquée, au détriment en premier lieu des grévistes eux-mêmes : une semaine de grève c’est en gros 2% de pouvoir d’achat en moins sur l’année, sans compter la
fragilisation du tissu économique sur un plus long terme.

Mais, si les revendications identitaires venaient à devenir le coeur des revendications, je ne la cautionnerai plus.
Si le but final du collectif devait s’avérer principalement identitaire, j’estime qu’il y a d’autres voies pour exprimer de tels projets que de prendre en otage la population
guadeloupéenne et de se retrancher derrière des questions de pouvoir d’achat. Il existe pour cela des élections régulières et qui sont l’occasion de présenter à nos concitoyens différents projets
de société. A chacun de s’engager dans ces moments-là, et à chaque citoyen de prendre la responsabilité d’aller voter pour ce qu’il croît être le mieux pour la Guadeloupe.

Si on se cantonne aux seuls problèmes économiques, il devrait y avoir moyen de tous s’entendre.
C’est pourquoi j’espère, même si je ne suis pas souvent d’accord avec sa politique en Outre-Mer, que le ministre parviendra à ramener toutes les parties prenantes au dialogue sur le fond des
revendications et à avancer vers la fin du conflit.