Sida : La Guyane dans l’impasse
Article publié dans le Journal du développement durable
Selon le Conseil national du Sida, la Guyane doit faire l’objet de politiques publiques s’inspirant de celles appliquées dans les pays en voie de développement pour lutter contre le Sida.
Il considère en effet que le département est « en situation d’épidémie généralisée ».
Le Conseil national du Sida, qui émet des propositions à l’attention du gouvernement, considère que la Guyane est » en situation d’épidémie généralisée » de Sida et requiert des politiques de santé
spécifiques pour contrer le phénomène. Le rapport du Conseil met en avant les lacunes du dépistage : 40% des malades prennent connaissance de leur infection tardivement. Le taux de prévalence de la
maladie est de 141 pour un million » contre 43 en Ile de France, région de métropole la plus touchée. » et de nombreuses femmes accouchées sont atteintes par le virus (1,3%)(1). Enfin, le suivi des
cas déclarés de façon générale est faible, la plupart des patients ne retrouvant jamais le chemin des centres de soins.
Sortir des schémas traditionnels centralisés
D’autant que le sujet demeure taboo, même parmi les élites de la région : » L’absence de discours public sur cette épidémie, ou pis, certains discours ouvertement discriminatoires et volontiers
racistes nourrissent le silence et la stigmatisation. « , selon les auteurs du rapport. Le Conseil préconise donc des mesures décentralisées, sortant de la prise en charge classique nationale
appliquée aux autres départements français, en raison du contexte économique et social particulier (chômage important, multiplicité des populations sur le territoire et importance des flux
migratoires clandestins). Il demande la mise en place de politiques publiques coordonnées s’attaquant à tous les secteurs de la vie locale en s’inpirant de méthodes qui font leurs preuves dans les
pays en voies de développement.