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Sénat : les cancres de l’Outre-Mer

Je reprends ci-dessous un article de RFO (http://www.rfo.fr/infos/actualites/senat-les-cancres-de-loutre-mer_26153.html), qui lui-même commente une étude
publiée par LyonMag sur l’activité des 343 sénateurs.

Les résultats catastrophiques des sénateurs ultramarins est flagrant. Est-ce un problème d’éloignement ? est-ce un problème de désintérêt pour des projets de loi le plus souvent purement
hexagonaux ? Peut-être les deux à la fois…

Mais nous ne devrions pas oublier que le rôle d’un sénateur est de voter les lois nationales, pas uniquement de représenter nos territoires dans l’univers politique parisien. Et qui plus est,
plus un parlementaire sera actif, plus il aura de chance d’être entendu le jour où il devra défendre les intérêts de son propre territoire.
Normalement, un sénateur ultramarin, tout comme pour les députés, aussi peu actifs, devrait passer le plus clair de son temps et de son énergie au Palais du Luxembourg. Et ce d’autant
plus qu’il n’est élu qu’au suffrage indirect et non pas par la population directement, donc qu’il a moins à craindre pour sa réelection qu’un député s’il tombe dans l’oubli par défaut de présence
dans sa circonscription.
Autrement dit, le débat actuel sur le non-cumul des mandats devrait se poser encore plus pour les parlementaires ultra-marins et membres actifs d’assemblées locales.

 

Voici l’article de RFO :

Sénat. Les cancres de l’Outre-Mer


Le magazine Lyon Capitale a publié le premier palmarès de l’activité des 343 sénateurs français. Revue de l’Outre-mer.

Sous le titre « Sénat : ceux qui bossent, ceux qui se planquent », le mensuel Lyon Capitale a réalisé, pour la première fois dans l’histoire de cette institution,
le classement des 343 sénateurs français. Tout cela est édifiant. L’enquête du magazine nous apprend entre autres que « l’activité des sénateurs échappe à tout contrôle. Ils ne sont pas
pointés en séance publique ». En 2009-2010, 150 sénateurs ont participé à moins de 20 commissions, « séchant ainsi plus de la moitié des séances auxquelles ils étaient censés
participer ».

Trois familles
Le classement révèle trois « familles » : les bons élèves (une centaine), les médiocres et les cancres. Pour ces derniers, « l’étiquette cancre n’est pas assez forte »,
note le journal. « L’école buissonnière leur convient mieux. Et certains l’assument. »

Parmi ces différentes familles de sénateurs, à la moyenne d’âge de 63,5 ans, existe cependant une constante quelle que soit l’assiduité dans l’hémicycle : la rémunération (indemnité
parlementaire), de 7.064,84 euros bruts mensuels. A laquelle il faut ajouter une indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) de 6.209,13 euros nets mensuels plus un crédit mensuel pour le
recrutement d’assistants de 7.510,55 euros bruts hors charges patronales.

Piètre figure
Les sénateurs d’Outre-mer font piètre figure dans le classement de Lyon Capitale. Aucun ne pointe parmi les « bons élèves », mais la quasi totalité d’entre eux se retrouve chez les
cancres. Premier des cancres, si l’on ose dire, le sénateur de Mayotte Soibahadine Ibrahim Ramadani (UMP), 340e sur 343. Suivi par l’ineffable Gaston Flosse de
Polynésie (339e), préoccupé sans doute par ses nombreux ennuis judiciaires. Pour ces deux-là, pas même une question écrite en un an, une seule présence en commission pour Ramadani, et deux pour
Flosse !

Viennent ensuite Robert Laufoaulu (UMP, Wallis et Futuna, 335e), Simon Loueckhote (UMP, Nouvelle-Calédonie, 334e), Louis-Constant Fleming (UMP,
Saint-Martin, 329e), Denis Detcheverry (RDSE, Saint-Pierre et Miquelon, 323e), la mère de la ministre de l’Outre-mer Lucette Michaux-Chevry (UMP, Guadeloupe,
321e), Adrien Giraud (Union centriste, Mayotte, 318e), Gélita Hoarau (Groupe communiste, La Réunion, 307e), et Richard Tuheiava (PS, Polynésie,
299e).

Le « meilleur » sénateur de l’Outre-mer est une sénatrice, Anne-Marie Payet (Union centriste) de la Réunion, qui pointe à la 148e place (soit parmi la famille des
« médiocres » selon le classement). Elle est suivie des deux sénateurs PS de Guyane, Georges Patient (229e) et Jean-Etienne Antoinette (252e).
Les autres sénateurs ultramarins : Claude Lise (Martinique, PS), Jean-Paul Virapoullé (la Réunion, UMP), Michel Magras (Saint-Barthélémy,
UMP), Daniel Marsin (Guadeloupe, RDSE), Serge Larcher (Martinique, PS), et Jacques Gillot (Guadeloupe, PS) se situent entre la 267e et la 294e
place, dans la famille des « cancres ».

 

L’établissement du classement
Lyon Capitale a sélectionné dix critères. « Ils mettent l’accent sur la présence en séance et en commission au travers de critères comme les interventions par projet ou proposition de lois,
le nombre de séances où le sénateur est intervenu, le nombre total d’interventions en séances, sa présence en commission, le nombre de commissions où il a pris la parole et combien de fois il l’a
prise. »
« Le travail d’un parlementaire étant aussi et avant tout de produire des lois, nous avons intégré à notre classement trois critères représentatifs de cette mission : le nombre de lois
signées et cosignées et la quantité de rapports rendus. Quant au critère des questions écrites, il permet de mettre en lumière le travail de relais des élus locaux des sénateurs. La plupart n’ont
en effet que des portées micro-locales » précise le mensuel.