Rapport de la mission parlementaire sur la Chlordecone
La Mission d’information parlementaire créée en octobre 2004 sur proposition de M.Philippe Edmond-Mariette et cosignée par les députés de la Guadeloupe et de la Martinique (Joël Beaugendre, Gabrielle Louis-Carabin, Eric-René Jalton, Alfred Marie-Jeanne, Alfred Almont, Louis-Joseph Manscour) a terminé ses travaux et rendu public son rapport.
Dressant un état des lieux sur la manière dont on est parvenu à cette véritable crise sanitaire, le rapport préconise des mesures pour que la santé publique soit préservée tout en indemnisant les agriculteurs victimes de champs pollués.
Les impacts de la pollution au chlordécone sont importants pour les îles car :
– les effets seront présents sur du long, voire très long terme
– cela touche une proportion importante de la surface agricole cultivée
– cela touche directement un secteur économique
– tous les habitants sont concernés car ils ce sont les principaux consommateurs des produits racines qui ont pu être cultivés jusqu’à présent sur ces terrains.
Les guadeloupéens et martiniquais sont donc à la fois touchés en tant que producteurs et supportent les risques sanitaires.
Au-delà de la situation en elle-même, la pollution par le Chlordécone en Guadeloupe et Martinique est l’exemple même de ce qui peut arriver en métropole avec d’autres pesticides (Gaucho, Paraquat), et ce d’autant plus probablement que la France est le 1er consommateur européen de pesticides.
Le cas du Chlordécone doit également constituer un test d’application grandeur nature d’une politique de précaution, votée avec la Charte de l’Environnement au début 2005 : suivi, mesure des risques, indemnisations.
Enfin, le cas du Chlordécone montre les limites d’une monoculture intensive, axée sur les rendements, et invite à passer à la vitesse supérieure en ce qui concerne l’agriculture biologique aux Antilles.