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Quel avenir pour les transports maritimes aux Antilles ?

La liquidation judiciaire de Caribbean Ferries, victime de la hausse des cours du pétrole, doit être perçue comme un signal d’alerte quant à l’avenir des transports maritimes inter-îles aux Antilles.

Doté de 4 moteurs très puissants, ce fleuron des transports maritimes permettait de relier entre elles Martinique, Guadeloupe, Sainte Lucie et Dominique en moins de 2h30 environ.
La hausse des cours du baril, ainsi que quelques péripéties mécaniques, auront eu raison de la viabilité économique de ce système. Même si la Compagnie vient d’être rachetée, la hausse des cours du pétrole devrait se poursuivre et la situation présente risque de se renouveller dans un avenir plus ou moins proche.

Au delà de la simple viabilité économique de l’armateur, la question de fond est bien la capacité future des antillais à se déplacer d’une île à l’autre à un prix raisonnable, en d’autres termes d’assurer la continuité territoriale régionale. Le développement voire même le maintien à leur niveau actuel des échanges régionaux pourrait à l’avenir être remis en question, ce qui nuirait grandement à la mise en place d’une région économique et culturelle caribéenne dynamique.

Aussi, il apparaît urgent pour préserver à moyen terme les transports inter-île, qui constituent un service d’intérêt général, que les collectivités locales :
estiment l’impact économique de la hausse des cours du pétrole sur les productions et les échanges locaux. A priori cette hausse devrait diminuer les échanges inter-îles (notamment de personnes) mais le frêt régional pourrait bénéficier du report d’une partie des importations provenant de régions plus éloignées (Europe notamment), dont le coût de transport serait davantage pénalisé.
envisagent une prise en charge totale ou partielle des coûts de transport par les pouvoirs publics. Ce secteur bénéficie déjà des mesures de défiscalisation et les charges sociales des employés du secteur sont en grande partie exonérées. Pour aller plus loin, on pourrait par exemple envisager un mécanisme semblable à celui qui existe aujourd’hui pour assurer la continuité territoriale entre les DOM et la Métropole.
favorisent des systèmes de transports moins énergétivores, notamment pour le frêt. Par exemple, on pourrait imaginer que les régions Guadeloupe & Martinique engagent une étude de faisabilité pour des navires de transport de marchandises qui fonctionnerient à la fois au moteur et à la voile, énergie renouvelable par execellence. Cela peut paraître utopique aujourd’hui, mais probablement moins avec un baril à 200$ ou 300$. Et nous aurions alors un avantage compétitif certains si nous développons ce créneau dès maintenant.