Présidentielles : muselage des petits partis politiques
La candidature de "petits" partis, même s’ils font moins de 5% des voix, est indispensable pour représenter la pluralité des opinions que les français souhaitent exprimer.
Se priver de la candidature des "petits partis" c’est se priver de faire se développer de nouveaux courants d’idées, aujourd’hui minoritaires, mais qui demain peuvent être aménés à représenter davantage d’électeurs, et avoir un poids plus important dans le paysage politique français. C’est restreindre fortement le débat d’idées, rester dans un conformisme sclérosant.
Enfin, ce n’est pas parce qu’un parti politique réalise moins de 5% des voix au premier tour de l’élection présidentielle qu’il n’a pas de rôle à jouer pour le second, en invitant à voter pour le candidat qui représente le mieux ses idées, voire en incitant l’un des deux candidats du second tour à reprendre ses idées dans son programme.
Alors évidement, comme Cap21 se situe dans ce cas pour le moment des "petits" partis avec moins de 5% des voix, que notre notoriété et intérêt pour nous vont croissant, nous ne pouvons pas nous permettre de nous priver de la représentation de nos idées, et de ce fait nous sommes farouchement opposés à toute remise en cause du système actuel des règles de parrainage, comme le propose le Conseil Constitutionnel.
Voici l’article paru dans le Monde du 2 août 2005 :
Présidentielle : les "petits" partis ne veulent pas d’un changement des règles de parrainage
Seize candidats à l’élection présidentielle de 2002, cela fait beaucoup pour le Conseil constitutionnel. Ce nombre sans précédent, les neuf Sages l’ont dénoncé dès novembre 2002, évoquant "des inconvénients tant pour la clarté du débat politique que pour l’organisation matérielle et le contrôle des opérations électorales ".
Le 7 juillet, le Conseil a réitéré son invitation au législateur à revoir les conditions de participation à l’élection présidentielle : il a proposé de porter à 1 000 le nombre de parrainages.
Depuis 1976, pour être admis au premier tour, un candidat doit recueillir 500 signatures d’élus, émanant d’au moins trente départements ou territoires d’outre-mer, sans que plus de 50 d’entre elles proviennent d’un même département ou territoire.
Ce filtrage permet, en théorie, la coexistence de 80 candidats. "Mettre les pieds dans le plat sur la question des parrainages est un moyen de lancer la discussion", explique-t-on au Conseil constitutionnel. Le gouvernement a décidé de ne pas le suivre.
Augmenter le nombre de parrainages aurait conduit à réduire celui des "petits" candidats. "Les élections doivent certes refléter l’opinion publique, mais la diversité ne doit pas aller jusqu’à pléthore" , justifie-t-on au Conseil. Sur les seize candidats de 2002, neuf n’ont pas dépassé les 5 % de suffrages.
"Cette décision changerait la nature du système politique français. Le président ne serait plus au-dessus des partis mais aux mains des partis. Car avec un minimum de mille parrainages, il n’y aurait plus que les candidats des partis officiels" , s’insurge Bruno Mégret, président du Mouvement national républicain (MNR).
"MUSELAGE"
"Cela conforterait un système déjà en place de muselage des petits partis" , renchérit Corinne Lepage, présidente de Cap 21. Pour cette ancienne ministre de l’écologie du gouvernement Juppé, une telle mesure est la preuve de "l’entente existant entre les partis majoritaires pour que les petits partis, plus proches de la société civile, ne puissent plus s’exprimer" .
Pour Chasse, pêche, nature et tradition (CPNT), il s’agirait d’"une politique d’exclusion, une tentative de rayer les différences et limiter l’expression" . "Cela demanderait plus de travail, mais, comme nous l’avons toujours fait, nous irions sur le terrain chercher ces signatures ", lance Frédéric Nihous, membre du comité exécutif de CPNT.
Un avis que partage Daniel Gluckstein, secrétaire national du Parti des travailleurs : "Ce sont des normes discutables, mais nous chercherions à y faire face. En 2002, certains organes de presse nous avaient accusés de bluffer sur nos 500 signatures. Pourtant nous les avions."
A la volonté de limiter le nombre de candidats s’ajoutait aussi un désir du Conseil constitutionnel de réaliser des économies. "Ce n’est pas tant la faute des petits candidats, qui ne dépensent finalement pas beaucoup. Mais il y a un surcoût des frais de campagne officielle, avec, par exemple, la hausse des circulaires distribuées aux électeurs" , pointent les sages.