Pesticides : CAP 21 exige de vraies mesures face à la contamination généralisée de leau
Communiqué de presse de Cap21 du 17 août 2006
Pesticides : CAP 21 exige de vraies mesures face à la contamination généralisée de l’eau
Le rapport que vient de publier l’Institut Français de l’Environnement dresse un constat accablant et fortement préoccupant de la qualité de l’eau en France.
A partir des données de l’année 2004, il révèle en effet que la contamination de l’eau par les pesticides touche l’ensemble du territoire (métropole et DOM) et concerne aussi bien les eaux souterraines que superficielles :
96 % des points de mesures sur les cours d’eau et 61 % des points sur les eaux souterraines contiennent des résidus de pesticides. Les niveaux de contamination sont significatifs, le nombre de substances retrouvées est élevé (229 dans les cours d’eau, 166 dans les eaux souterraines).
A la lumière des modélisations présentées récemment par l’Agence de l’Eau Seine-Normandie qui montrent la lenteur des transferts des produits chimiques vers un aquifère et des temps de dégradation qui se comptent en plusieurs dizaines d’années voir plus d’un siècle après leur emploi, le pire reste à redouter.
CAP 21 déplore que le plan interministériel de réduction des risques lié aux pesticides présenté le 28 juin 2006 ne soit pas de nature à enrayer cette dégradation inexorable des ressources en eau. En effet, celui-ci ne fixe pas de véritables objectifs de réduction et se contente d’études ou de mesurettes.
Seule la mise en place d’une politique de soutien à l’agriculture biologique et aux systèmes de production intégrées apparaissent véritablement efficaces pour supprimer ou réduire l’utilisation des pesticides de synthèse comme le proposait un rapport INRA/CEMAGREF publié en 2005. Cette politique pourrait être complétée par l’instauration d’une taxe suffisamment dissuasive sur les pesticides calquée sur l’expérience danoise.
CAP 21, par la voix de son porte-parole, espère que les parlementaires vont reprendre sans tarder le projet de réforme de la loi sur l’eau et prendre des mesures à la hauteur des enjeux sanitaires et environnementaux.
Par Eric DELHAYE
Porte-parole Cap 21