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Participation d’Action Biospère à l’enquête publique sur le port de Goro Nickel en baie de Prony

Cap21 soutient Action Biosphère et relaie ci-dessous sa contribution à l’enquête publique sur le projet portuaire de Goro Nickel en baie de Prony.

 Nouméa, le 07 décembre 2006,

 

 

Monsieur le Commissaire Enquêteur

         Pourquoi cette enquête publique est-elle postérieure à la construction ?

         Le port ne peut être dissocié du projet Goro Nickel,
son appréhension passe obligatoirement par l’ensemble.

 

Le site :

 

La baie du Prony, de l’avis des chercheurs et experts questionnés lors du choix « écorégions » organisé par le WWF local, avait fait l’unanimité quant à sa « valeur universelle exceptionnelle ».

Ses coraux récemment découverts, ses sources thermales, sa bio-morphologie, sa biodiversité, sa beauté ….

Mais un projet industriel l’a écartée de cette sélection alors que le lagon sud sera présenté pour classement à l’UNESCO ces jours-ci.

         la loche à taches orange sera-t-elle protégée des pollutions multiples générées par ce port, car  a fortiori la Province Sud vient d’en interdire la pêche dans la baie en période de frai ?

         La ciguatera ou « gratte » est localisée près des ports et autres passes où les coraux ont été « stressés » par les explosifs (ex : Wé à Lifou). En sera-t-il de même à Prony ?

         L’aiguille du Prony et l’îlot Casy sont des réserves marines.

Le port est-il compatible avec celles-ci ?

         Les baleines à bosse qui viennent mettre bas pendant l’hiver austral accepteront-elles

de voir leur progéniture tailladée par les hélices des navires ?

 

Trafic : 

             Le charbon pour la centrale = c’est 10 bateaux/an soit 20 mouvements par an.

             La construction de l’usine      = 2 bateaux/semaine soit 208 mouvements par an.

 
       En période d’exploitation

                       Pour le calcaire             =         30 bateaux/an soit 60 mouvements par an.

                       Pour le soufre               =         12 bateaux/an soit 24 mouvements par an.

                       Pour le fioul lourd        =                                soit 03 mouvements par an.

                       Pour le gazole              =                                 soit 03 mouvements par an.

                       Pour le GPL                 =                                 soit 33 mouvements par an.

     

         N’y aura-t-il jamais de congestion portuaire ?

         N’y aura-t-il jamais de grève intempestive ?

         Où mettra-t-on les bateaux en attente ?

 

Routes utilisées par les navires :

 

La passe de la Havannah proche du projet portuaire n’accepte que 10,6 m de tirant d’eau maximum, alors que les deux quais sont prévus pour 11,5 m….

De plus cette passe longe la Réserve Intégrale Merlet qui doit être classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

Elle est connue pour ses courants de marée violents et les mascarets qui en découlent.

Par ailleurs, le banc de Coëtlogon à 10 m 20 se trouve juste au Nord de l’alignement de cette passe.


Les passes de Boulari ou du Phare Amédée
 :

recevront le gros des troupes : les navires amenant le charbon, le fuel et le gazole de Singapour, le GPL et autres porte/conteneurs sans oublier le soufre d’Amérique du Nord si la Havannah lui est impossible. Tout ceci passera dans la Réserve spéciale marine du Grand Récif Aboré qui s’étend de la Passe de Dumbéa jusqu’au récif Toombo, en passant par l’îlot Amédée, le récif de To et le récif du Sournois.

L’épave de l’Ever Prospérity est le symbole de ce qu’il faut éviter, d’autant plus que la passe du phare est réputée étroite !

  

Le lagon :

Utiliser les passes de Boulari, c’est traverser le lagon en diagonale en augmentant d’autant les risques, avec « à la clef » le Canal Woodin étranglé à ses deux extrémités et réputé pour ses forts courants de marée.  Les croisements y seront délicats.

 
Les matières dangereuses pour l’environnement :

 
Une attention particulière devra être apportée sur :

      –         Les pollutions par les hydrocarbures

         Les espèces exogènes et envahissantes

         Les matières organiques, les déchets de nourriture

         Les déchets d’emballages et autres

         Les eaux de ballast qui font l’objet d’une réglementation récente

         Les huiles usagées, ou les eaux de fond de cale

         Les déchets toxiques, stockés en fûts, qui doivent être exportés dans les 90 jours

         Les conteneurs d’acide chlorhydrique stockés prés du fioul et gazole etc. pendant 8 jours maximum

Il n’est pas normal de transporter du soufre sur le même convoyeur que du charbon instable.

Les godets, piochant le charbon et le soufre dans la cale des bateaux pour les déverser dans
les 3 trémies, créeront des nuages de poussières emportées par les alizés sur la Baie du Prony

 

     Fermeture du site :
              Nous citons in extenso :      Goro Nickel déclare vouloir :

« Remettre les paysages touchés dans l’état stable et sûr »
« Éliminer les dommages et altérations à l’environnement »
« Anéantir les effets sur les ressources hydriques superficielles et souterraines »
« Minimiser l’érosion des eaux de ruissellement »

                                            

                 

Magnifique ! dirons-nous, mais il vaut mieux prévenir que guérir !

  

Conclusion :

 Le port de Prony fait partie d’un ensemble industriel hors de proportion avec l’étroitesse du Sud Calédonien. Les zones impactées par le port, surtout lors des pluies si fréquentes dans le Sud, ne manqueront pas d’abîmer le site exceptionnel que d’aucuns auraient voulu classer au PATRIMOINE MONDIAL de l’UNESCO.

                                                                                          

                                                                                             ACTION BIOSPHERE