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L’Outre-Mer au coeur du programme présidentiel de Corinne Lepage

Corinne Lepage présente aujourd’hui son programme présidentiel, programme au sein duquel l’Outre-Mer joue un rôle majeur.

Vous pouvez consulter l’ensemble du programme ou le télécharger en pdf

Comme vous pouvez le constater, le programme de Corinne Lepage accorde une place autre que symbolique à l’Outre-Mer. Il répond aux attentes sociales et écologiques des ultra-marins et propose les bonnes réponses pour que demain nous soyons en mesure d’assurer notre destin de manière responsable.
En proposant à l’Outre-Mer d’être l’un des fers de lance de la France dans sa lutte contre le changement climatique, Corinne Lepage nous fournit également une ligne directrice, une vision, une voie vers une meilleure reconnaissance de la place de l’Outre-Mer au sein de la nation française.

C’est pourquoi je compte sur vous, habitant d’Outre-Mer ou "ultra-marin de Métropole", pour prendre un peu de votre temps pour vous intéresser à notre programme, pour nous poser des questions, pour en parler autour de vous, et pour faire que grâce à Corinne Lepage une voie alternative soit affirmée dans les urnes au soir du premier tour.

Voici une présentation détaillée du programme en ce qui concerne l’Outre-Mer:

Comme l’environnement est au coeur du programme présidentiel, et comme c’est la clef de l’avenir des régions ultra-marines, l’Outre-Mer se retrouve de fait au coeur des enjeux ambitieux fixés par le programme de Corinne Lepage. Dès les premiers défis qui se présenteront à nous, tels que nous le concevons à cap21, l’Outre-Mer figure nommément.

Le premier défi consiste à lancer un plan national d’adaptation au changement climatique pour en limiter l’impact.
 Appliqué à l’Outre-Mer, cela signifie une meilleure connaissance et prise en compte des conséquences de la détérioration des récifs coralliens ou des zones de mangrove, de la fréquence accrue des risques cycloniques. 

Le second défi est de
prévenir un réchauffement climatique accru, en établissant un plan national de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 15% en 5 ans (2007-2012), COM, DOM, TOM, ROM inclus. Nous marquons ainsi clairement quelles sont nos priorités et que nous considérons les territoires d’Outre-Mer comme pouvant et devant être leader dans ce défi national.

Ensuite, tout au long des priorités mises en avant dans le programme, l’Outre-Mer est concerné, au même titre bien sûr que les autres régions françaises :

– lorsque le programme propose d’appliquer le principe pollueur-payeur au domaine de la santé, c’est-à-dire d’internaliser les coûts produits sur la santé dans toutes les décisions industrielles, agricoles et publiques, on pense immédiatement en Outre-Mer à la prise en compte des conséquences des effets du chlordécone sur la santé publique en Martinique et en Guadeloupe, ainsi qu’à l’arrêt du relarguage de mercure liées à l’orpaillage dans les fleuves des zones de vie des amérindiens du Haut-Maroni.

– Quant on parle de faire de l’habitat écologiquement économe une obligation, cela vaut tout particulièrement pour l’Outre-Mer. On ne peut pas décement et raisonnablement envisager un logement social qui demain pénalisera le budget des familles qui y habiteront.

– Lorsqu’on évoque le développement des alternatives au transport automobile, on est au coeur des préoccupations actuelles en matière de transports en commun, qui se posent en Martinique et encore plus crûment en Guadeloupe.

– En matière de santé publique, quand on souhaite mettre l’accent sur la politique de prévention, cela signifie en particulier pour l’Outre-Mer s’engager fermement dans la prévention du diabète, du surpoids chez les enfants et les jeunes, des maladies cardio-vasculaires,… et également dans un suivi épidémiologique des imprégnations en chlordécone, notamment pour les agriculteurs et les femmes en âge d’être enceintes.

– La mise en place d’un "New deal écologique", basé sur les technologies de l’environnement et celles de l’information, est également valable pour les Outre-Mers.

en agriculture, qui représente un fort poids culturel et social en Outre-Mer, quant on parle de conditionner les aides de la PAC en fonction de critères environnementaux et sociaux, on aboutira alors à une agriculture de meilleure qualité sur le plan de la protection de l’environnement. Cela sera par exemple favorable à l’agriculture vivrière, à l’agriculture biologique et pour les cultures traditionnelles de canne et de banane, aux petits planteurs plus qu’aux gros.
L’autre axe d’action en matière agricole consiste à développer les circuits de distribution courts qui limiteront les transports, en se basant sur le principe des AMAP ou sur tout autre moyen de distribution.
– Intégrer la préservation du patrimoine naturel et de la biodiversité dans les décisions publiques, cela signifie par exemple au niveau ultra-marin qu’on s’engagera à interdire le projet Cambior, à renforcer la lutte contre l’orpaillage clandestin, et qu’on sera plus rigoureux sur les AEX accordées pour les exploitations légales. On pourra envisager par exemple de créer un contrôle citoyen sur les attributions des autorisations d’exploiter et sur le suivi de la remise en état des lieux en fin de chantier.
Préserver la biodiversité c’est aussi intégrer les souhaits des populations habitant traditionnellement un lieu et qui ont su y vivre tout en le protégeant : concrétement c’est respecter le territoire et le mode de vie des amérindiens, et respecter le choix des tribus kanakes de ne pas voir s’implanter l’usine de Goro Nickel. Les intérêts économiques doivent dans ces cas précis laisser le pas aux intérêts écologiques et au respect des traditions des populations locales.

– Concernant la gestion des déchets, la mise en place d’un moratoire sur la création d’incinérateurs s’applique tout particulièrement à ceux envisagés en Guadeloupe et à la Réunion.
L’objectif de réduction de 20% des déchets en 5 ans, défini pour la France entière, devra être plus élevé pour l’Outre-Mer, qui part d’une situation beaucoup plus catastrophique que les autres régions françaises, qui ont 15-20 ans d’avance sur ces sujets.

– Pour une démocratie plus vivante
Créer de nouveaux droits pour les citoyens, notamment le référendum d’initiative populaire et un meilleur accès aux informations lors des enquêtes publiques, redonner confiance dans les élus en leur imposant de rendre publique une déclaration annuelle de revenus, sont des actes forts aussi bien valables en Outre-Mer qu’en Métropole.

Enfin, au-delà de l’application locale des propositions nationales, Corinne Lepage propose des mesures spécifiques pour l’Outre-Mer :

– Faire en sorte que l’Outre-Mer bénéficie de ses ressources naturelles
Les ressources naturelles de l’Outre-Mer sont immenses (biodiversité, paysages, pêche, minerais,…). Il convient que l’Outre-Mer les utilise au mieux pour permettre son développement durable, et que ces ressources bénéficient réellement aux populations locales, dans le respect de leurs souhaits. Plus concrétement cela signifie en particulier :
. la subordination des exploitations minières au respect de la biodiversité et des écosystèmes locaux
. l’inscription de la politique française d’exploitation de ses forêts tropicales dans une démarche exemplaire.
. faire inscrire la fôret primaire française au patrimoine mondial de l’Humanité.
. lancer un plan de l’Energie : maîtrise de la consommation et essor des énergies renouvelables
. accompagner les agriculteurs dans l’évolution de leurs métiers : aide à l’essor de l’agriculture biologique, de l’agriculture vivrière, d’une agriculture respectueuse de la santé des habitants et de l’e
nvironnement.
. préserver la biodiversité, les espaces naturels et les ressources naturelles

– Mener une politique d’aménagement du territoire exemplaire
L’exiguïté des territoires ultra-marins, particulièrement les espaces insulaires, la nécessité de préserver les espaces naturels qui lui sont caractéristiques et indispensables au bon fonctionnement écologique des territoire, la forte densité de population, tout cela exige que l’homme y mène une politique d’aménagement du territoire avec une vue sur le long terme et le respect de l’environnement.
Cela implique :
. un effort marqué pour le transport en commun
. construire une politique zéro déchet
. aider au développement d’un urbanisme HQE
. favoriser la revitalisation des centres-bourg
. réorienter le tourisme vers un tourisme haut de gamme, respectueux de l’environnement

– Redonner aux habitants de l’Outre-Mer du pouvoir d’achat et assurer une qualité sanitaire équivalente à celle de la Métropole.
La situation économique et sociale des habitants de l’Outre-Mer est plus précaire que celle des métropolitains. Toutes les mesures précédentes, axées sur l’environnement, sont aussi des mesures sociales fortes. Ce seront les mêmes qui permettront aux ultra-marins de retrouver une marge de manoeuvre sur le plan de leur budget et une sécurité financière sur le long terme, et non pas de courte durée. En effet :
– un urbanisme faiblement énergétivore diminuera les charges locatives, et leur sensibilité au prix de l’énergie.
– un transport en commun digne de ce nom allégera les budgets des ménages sur toute la partie transport domicile / travail.
– une politique de traitement à la source et de réduction des déchets diminuera la facture de transport et de traitement des ordures ménagères.
– la revitalisation des centres-bourg redonnera de l’activité à proximité des lieux d’habitation, et contribuera à améliorer la qualité de vie des habitants.
– la production de produits agro-alimentaires locaux diminuera le budget moyen consacré à l’alimentation, tout en offrant des produits de meilleure qualité pour la santé.
– enfin, toutes ces mesures seront génératrices d’emploi et donc de revenus plus importants à redistribuer dans toute l’économie.

– Contrôler l’immigration clandestine et s’attaquer réellement aux pratiques illicites, en particulier l’orpaillage illégal.
La politique d’immigration doit rester ferme pour éviter de servir de terre d’accueil pour les Etats voisins, souvent très pauvres.
Au-delà d’une surveillance accrue, il conviendra en parallèle de mener une surveillance active de ceux qui fournissent travail et toit aux clandestins, au mépris des règles sociales en vigueur, et de développer des relations plus étroites avec les Etats voisins, pour les aider à s’engager eux aussi dans un développement durable qui permettra à leur population de vivre décement. Les Etats particulierement concernés ici sont le Surinam et le Nord-Este du Brésil, la Dominique, Haïti, la République Dominicaine, les Comores,..