Loi sur les OGM : Cap21-Outre-Mer demande à ce que la loi ne s’applique pas à l’Outre-Mer
Les débats ont repris à l’Assemblée Nationale sur le projet de loi relatif à la dissémination des OGM, après une première lecture « catastrophique »
devant les sénateurs, qui ont remis en cause les principes de transparence, de responsabilité et la garantie de pouvoir cultiver sans OGM.
Si le projet de loi devait être adopté en l’état, nous assisterions à une régression sans précédent par rapport aux engagements actés lors du Grenelle de
l’Environnement et aux principes et objectifs fixés par le Président de la République.
L’Outre-Mer revêt une importance toute particulière dans ce projet de loi pro-OGM, sans pour autant être explicitement mentionné.
En effet, les territoires d’Outre-Mer disposent d’une biodiversité végétale très riche, très variée et un grand nombre d’espèces
endémiques. Autoriser la production de cultures OGM ferait encourir le risque de contaminer génétiquement ce patrimoine naturel mondial dont nous sommes les garants.
Par ailleurs, autoriser la production de cultures OGM remettrait gravement en cause l’image de qualité des productions locales que nous exportons (sucre – rhum, bananes, melons), sans pour autant
apporter d’avantage économique dans la concurrence avec les autres pays producteurs, alors même que nous cherchons par tous les moyens à mettre en valeur notre « terroir ».
Enfin, les Antilles ont subi ces dernières décennies le drame de la pollution au chlordécone, marquée par une absence totale de transparence et une irresponsabilité générale. Nous ne
pouvons pas nous permettre de courir le risque de revivre un drame sanitaire de l’ampleur de celui dû au chlordécone.
Aussi, Cap21 espère que les députés vont rééquilibre le texte qui pour le moment est « à la sauce Monsanto » et reconnaître le droit
à produire et à consommer sans OGM.
L’équipe cap21 Outre-Mer demande solennellement aux parlementaires de prendre en considération la spécificité de l’Outre-Mer,
de tout mettre en œuvre pour préserver sa biodiversité de la menace irréversible que les OGM leur feraient courir, et d’exclure purement et simplement les territoires d’Outre-Mer du champ
d’application de la loi sur les OGM en débat à l’Assemblée.
Benoit Chauvin, responsable Outre-Mer de Cap21