Le plan Vigivirus
Article lu dans l’Express
Vaccin en vue pour le chikungunya, inquiétude face à la dengue: pas question de désarmer face aux risques d’épidémie
A Marseille comme à Rennes, la rue s’est emparée de la désormais médiatique «maladie de l’homme courbé»: «CPE: chikungunya pour étudiants»; «H5N1 pour Villepin, chikungunya pour Nicolas» … La Réunion, elle, continue de subir ce «chik» au quotidien.
Avec 3 400 nouveaux cas par semaine – contre 47 000 durant la première semaine de février – l’épidémie reflue, certes, mais inquiète toujours le ministère de la Santé, qui multiplie les mesures de précaution sur le territoire national. Notamment dans les Alpes-Maritimes, où le fameux moustique Aedes albopictus, principal responsable de la transmission du virus, a été repéré. Par ailleurs, c’est à Nîmes, dans le Gard, qu’une infirmière a été vraisemblablement contaminée lors d’un prélèvement sanguin sur une malade de retour de l’ «île Bourbon».
Mais l’attention se porte principalement, bien sûr, sur les Antilles et la Guyane, dont le climat chaud et humide est propice à la propagation des moustiques, où quelques cas de fièvre chikungunya importés ont d’ores et déjà été signalés. «L’épidémie constitue, du fait des échanges interdomiens, une menace de santé publique majeure pour la Caraïbe», écrit le Dr Quénel, au moment où la dengue, dite «grippe tropicale», une autre maladie virale transmise par un petit cousin du moustique réunionnais, Aedes aegypti, connaît une recrudescence certaine en Guyane depuis décembre 2005.
Outre le «plan national antidissémination» lancé mi-mars, Xavier Bertrand, ministre (UMP) de la Santé, vient de donner son «feu vert» pour la mise au point d’un vaccin contre le chikungunya dont la disponibilité serait envisageable d’ici quatre à cinq ans. Autre piste prometteuse, curative celle-là: l’identification par l’hôpital marseillais de la Timone, d’une molécule efficace (la chloroquine) in vitro sur le virus. Si les tests sur l’homme se révèlent concluants, la commercialisation de la molécule antiparasitaire pourrait commencer début 2007. Un peu tard pour les 236 000 malades de l’océan Indien infectés depuis 2005, mais rassurant pour ceux qui auront échappé à l’insecte malfaisant.