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L’Avenir ensemble se fissure

A l’approche des prochaines législatives, les enjeux personnels commencent par l’emporter sur les intérêts partisans des uns et des autres, et notamment au sein de la coalition "Avenir ensemble". Pour votre information, je mets en ligne la conférence de presse donnée par Didier Leroux le 22 mars dernier :

J’ai souhaité m’accorder quelques jours de réflexion sur la situation créée par le dépôt de la candidature de Philippe Gomes aux législatives.

Dans "Avenir Ensemble" il y a le mot « ensemble », qui atteste que l’équilibre est l’un des principes essentiels du mouvement. Cet équilibre a été garanti par un accord entre ses fondateurs. La constitution des listes puis la répartition des postes et des responsabilités au lendemain de la victoire du 9 mai 2004 en sont les reflets. Ma candidature aux élections législatives en faisait partie. Pendant près de trois ans, cet équilibre a permis de gérer l’Avenir Ensemble comme une équipe soudée, animée de la même volonté de réformes. L’équilibre entre nos courants et la cohésion de cette équipe font partie des conditions essentielles qui ont permis notre victoire puis la mise en œuvre des réformes que la Nouvelle-Calédonie attendait. Telle était la situation de notre mouvement jusqu’au 16 mars 2007 à 17 h.

En cette heure et ce jour, par le dépôt de sa candidature en dépit du pacte initial, Philippe Gomès a pris la responsabilité de rompre et l’équilibre et la cohésion de l’Avenir Ensemble.

La situation exigeait-elle cette rupture et ce coup de force ? Assurément pas…

Au vu d’un sondage qui le désignait comme mieux placé que moi, mais qui démontrait aussi qu’ensemble nous avions la quasi-certitude de l’emporter, Philippe Gomes a décidé de présenter sa candidature, contrairement à ce qui avait été convenu. Je lui ai alors proposé d’être mon suppléant pour additionner nos voix, maintenir l’équilibre, l’unité de notre mouvement et doter la Nouvelle-Calédonie d’un député à plein temps. Il ne l’a pas voulu et pourtant cette candidature unitaire avait toutes les chances d’être victorieuse.

Cet accord a donc été rompu, la parole donnée n’a pas été respectée.

Le Comité Territorial a soutenu cette décision et j’en prends acte.

Parallèlement, le Comité Territorial a exprimé le souhait de me voir rester au sein de notre mouvement, reconnaissant par là que l’Avenir Ensemble ne serait plus l’Avenir Ensemble sans le courant de défense de la démocratie qu’avec mes amis nous incarnons depuis 1995. Cependant, chacun voit bien qu’au-delà des belles déclarations, on assiste aujourd’hui au prélude d’une marginalisation du courant que je représente avec d’autres, au sein de l’Avenir Ensemble.

Le mur de la maison a été fêlé. Ce n’est pas moi qui l’ai fêlé et ce n’est pas moi qui le casserai. Je resterai donc dans l’Avenir Ensemble pour être le garant de la démocratie, mais je serai libre de mes propos. Il n’est pas question pour moi d’assister muet et passif au retournement et à l’effondrement des valeurs de l’Avenir Ensemble. Que tous ceux qui se sont inquiétés pour moi et qui m’ont manifesté leur amitié se rassurent, je reste debout.

Cette liberté de parole m’autorise à dire publiquement que je trouve dangereux pour la Nouvelle-Calédonie de reproduire les schémas que nous avons combattus. Je trouve dangereuse la concentration des pouvoirs entre les mains d’un seul et je suis opposé au cumul des mandats. Trop longtemps, la Nouvelle-Calédonie n’a eu que des députés fantômes, trop occupés ici pour bien faire leur travail à Paris. Les Calédoniens ont besoin d’un député qui consacre tout son temps à les représenter.

J’ai donc la conviction aujourd’hui que la candidature de Philippe Gomès est un mauvais coup porté à l’Avenir Ensemble et que c’est une mauvaise candidature pour la démocratie en Nouvelle-Calédonie.

Je serai désormais la voix de tous ceux qui nous ont fait confiance mais aussi de tous les Calédoniens démocrates qui craignent le retour des attitudes que l’on croyait derrière nous.

Dans les semaines à venir, je compte poursuivre activement la campagne présidentielle en faveur de François Bayrou, qui souhaite, tout comme moi, le maintien de la Nouvelle-Calédonie au sein de la république Française. Dans le même temps, j’ai décidé de défendre haut et fort les idéaux qui ont prévalu à la constitution de l’Avenir Ensemble. Je le ferai chaque fois que je le jugerai nécessaire, le coup de force du 16 mars 2007 ayant complètement libéré ma parole et levé le devoir de réserve qu’impliquait jusque-là une discipline de groupe.

Aux lendemains des Présidentielles, après un examen approfondi de la situation politique et pour laisser sa chance à une évolution des positions au sein de l’Avenir Ensemble, j’annoncerai ma décision de me présenter ou non aux élections législatives.

Didier LEROUX