La Nouvelle Calédonie à un tournant politique ?
Nous relayons ci-dessous le point de vue de Didier Baron, président de l’association Corail Vivant, concernant la préservation du patrimoine et du tissu économique local :
Depuis que le pays, suite à l’Accord de Nouméa, est entré dans la période transitoire dite de décolonisation, les gouvernements Français successifs se sont employés à céder l’exploitation du Nickel à des multinationales étrangères. Plus nous avançons dans le temps et plus ce type de sociétés s’intéresse à la Nouvelle-Calédonie.
L’affaire du Port en est un des exemples puisque Méditerranéan Shipping company France SA dispose d’une telle capacité de transport qu’elle peut, en quelques mois « effacer » toutes les autres compagnies maritimes du Port. L’USTKE et dans une moindre mesure Didier LEROUX se sont bien rendus compte de cela.
Les politiciens libéraux au pouvoir sont gênés et n’osent pas prendre une position claire qui remettrait en cause leur idéal de démembrement des marchés intérieurs au profit de ces seules multinationales qui échappent à tout contrôle étatique.
L’attitude du FLNKS est beaucoup moins compréhensible puisqu’il affiche dans son sigle même son orientation socialiste et son engagement en faveur de l’indépendance. Ils ont, en effet, un intérêt majeur à conserver le contrôle politique des investissements s’ils veulent maîtriser, au nom du partage et de la solidarité, les points stratégiques de l’économie pour pouvoir gérer ces postes dans l’intérêt des populations.
L’USTKE et le CAUGERN entreprennent cette démarche et sont fustigés par certains membres du bureau politique. C’est à la fois inquiétant et éminemment dangereux. Ils donnent, je l’espère sans le vouloir, un satisfecit à la France dans son entreprise de déstructuration du tissu économique, mettant les populations à la merci d’entreprises dont le seul soucis est d’asseoir leur suprématie mondiale.
Ceci contraint les associations rassemblées autour du CAUGERN et l’USTKE à poser le problème en terme de choix de société et à élargir leur champ de réflexion sur ce choix.
Nous sommes donc confrontés à ce qui pourrait bien devenir une crise politique majeure puisque les populations Calédoniennes dans leur ensemble commencent à comprendre que leurs élus de quelque sensibilité qu’ils soient montrent une extraordinaire incompétence pour les uns et duplicité pour les autres à défendre des fondamentaux concernant l’intérêt général des populations.
Les solutions pacifiques face à une telle situation ne sont pas nombreuses. Il n’en n’est même qu’une seule qui pourrait résoudre la crise grave qui s’annonce :
REMETTRE LEUR MANDAT POLITIQUE EN JEU DES MAINTENANT.
Didier BARON 6 juin 2006