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l’Enquête Publique de la centrale électrique PRONY ENERGIES

Voici les remarques émises par l’association Corail Vivant, lors de l’enquête sur la centrale électrique PRONY ENERGIES :

Remarques à l’attention du Commissaire enquêteur Monsieur Luc CHIVOT Dans le cadre de l’Enquête Publique de la centrale électrique PRONY ENERGIES

Nouméa, le 21 novembre 2006

Monsieur le Commissaire enquêteur,

Dans le cadre des stratégies planifiées à long terme aux niveaux local, régional, national et international pour la préservation et la valorisation durables des ressources naturelles et de la biodiversité, Corail Vivant poursuit son action initiée en 2001 pour l’Inscription des récifs coralliens de Nouvelle Calédonie au Patrimoine Mondial de l’Humanité.

A ce titre, le Comité local IFRECOR a récemment rendu ses conclusions quant aux zones qui seront proposées par la France en janvier 2007 à l’UNESCO, et nous tenons à vous faire part de nos inquiétudes quant aux conséquences catastrophiques de la pollution atmosphérique sur l’aire Djubéa Kapone générée par cette usine électrique de Prony Energies. Cette zone est prévue à l’inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO (Zone 1 de la demande d’inscription des récifs coralliens de Nouvelle Calédonie).

En effet elle a été choisie par le Comité local IFRECOR et possède tous les éléments de valeur « universelle exceptionnelle » nécessaires. La démarche entreprise au travers de cette inscription au Patrimoine Mondial de l’Humanité va permettre d’assurer la représentativité des richesses de l’ensemble de ce milieu marin ainsi que son intégrité.

Or, les informations techniques du dossier d’enquête publique concernant cette centrale électrique démontre clairement l’absence du Principe de Précaution et le non respect des normes réglementaires sur les rejets atmosphériques.

En effet, aucune information relative aux moyens de contrôles et de mesures n’est décrite.

Les émissions de fumée dans l’atmosphère vont détruire les sols en impactant les richesses de faunes et de flores à fort taux d’endémisme qui font l’objet de leur inscription sur la « liste rouge » de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).

Ces pluies acides vont impacter les sols, infiltrer les sous-sols et entraîner la pollution des forêts, rivières, ruisseaux et récifs coralliens de la zone pour amener au final, l’extinction de l’ensemble des végétaux et de la chaîne alimentaire.

De plus l’eau de la Centrale Prony Energies sera rejetée dans le creek de la Baie Nord à une température de 40° Celsius. Rejet inacceptable du fait que la zone du Grand lagon Sud renferme la plus forte biomasse de Nouvelle Calédonie. La biodiversité et la spécificité des espèces sont caractéristiques des eaux froides ou sub-tropicales.

Par ailleurs, ces rejets à fortes températures vont contribuer à l’extinction du corail de la Baie de Prony et de toute la vie marine qui a besoin d’un apport planctonique provenant des bassins versants.

Il existe actuellement un ensemble de textes réglementaires en Province Sud visant à assurer la protection des espèces emblématiques de cette zone. En effet, c’est une zone de reproduction et de mise bas de la baleine à bosse (Megaptera novaeangliae).

Cette zone est également un site de ponte de la tortue « verte » (Chelonia mydas). On y trouve des Dugongs (Dugong dugong), et les loches à taches orange (Epinephelus coioides) viennent frayer dans la Baie de Prony.

Les rejets acides auront un impact négatif sur les espèces endémiques marines et terrestres et également des conséquences sur les oiseaux de la zone, tels le balbuzard (Pseudobulwevia rostrata), le Pétrel de Tahiti ou la Sterne nereis.

Les herbiers, éponges, mollusques, bivalves et de nombreux coraux branchus, crustacés, coquillages etc. présents dans la zone vont faire face à un choc thermique fatal.

La Centrale Thermique de Prony Energies faisant partie du complexe industriel Goro Nickel est une catastrophe pour la Réserve intégrale « Merlet » située à quelques kilomètres. Il est inconcevable de trouver une zone proposée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO si proche d’une usine chimique gigantesque.

La création de « zones tampons » est la condition -sine qua non- pour la protection d’un bien inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Il faudrait donc déclarer toute la zone du Sud en « zone tampon ». Les sols, les sous-sols, les aires marines et terrestres (protégées ou non) sont interdépendants.

Les structures agricoles traditionnelles qui n’utilisent pas d’engrais chimiques, vont être soumis aux retombées atmosphériques acides dommageables à leur Classement Biologique. Par ses insuffisances techniques, le maître d’ouvrage de Prony Energies cautionne l’empoisonnement des produits agricoles des populations autochtones.

Dans le cadre de la demande d’inscription au Patrimoine Mondial de L’Humanité, le Grand Lagon Sud a été identifié comme représentant un intérêt international. La totalité de cette aire marine est classée « d’importance internationale »

Par ailleurs la faune et la flore particulières souvent issues du Gondwana, ont certainement motivé les Autorités Publiques dans leur choix de cette zone pour l’inscription à l’UNESCO.

Marina KAHLEMU
La Présidente

Une réflexion sur “l’Enquête Publique de la centrale électrique PRONY ENERGIES

  • Ghislain Creugnet

    Bonjour,
    Je tiens a vous signaler que le sud calédonien n’est pas un site de ponte pour les  tortues vertes  mais pour les tortues grosse tête (Caretta Caretta). La présence de dugong y est aussi très rare, leur population étant  plûtot répartie sur la cote Ouest.
     

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