Incinérateur de Maincy : justice enfin rendue aux victimes ?
Aux universités
d’été de Cap21 de 2004, Mme Pascale Coffinet, maire de Maincy, était venue nous présenter son « expérience » de pollution à la dioxine de la population de Maincy et des environs, située « sous le
vent » de l’incinérateur de Melun.
Les habitants de Maincy ont été à ce point concerné que Mme le Maire avait été élue d’abord car elle était la principale opposante à cet incinérateur et à l’inertie des pouvoirs publics.
On ne peut que se féliciter qu’aujourd’hui la justice ait fait un premier pas avec la mise en examen du gestionnaire de l’usine, comme le confirme la dépêche AFP ci-dessous.
Par ailleurs, même si les normes et les techniques de filtration des fumées ont bien évolué, l’incinération est la pire des solutions à apporter à la gestion des déchets, surtout en milieu
insulaire comme la Guadeloupe, pour des raisons largement évoquées sur ce blog : gestion des déchets ultimes, non valorisation matière, pénalisation des autres filières,…
AFP – 31 10 2008
Une communauté d’agglomération de la région parisienne a été récemment mise en examen, après une pollution à la dioxine provenant d’un incinérateur, pour ne pas avoir respecté la réglementation sur
les installations classées, a annoncé vendredi une source judiciaire.
L’agglomération de Melun Val-de-Seine a été mise en examen le 8 septembre pour « infraction à la législation sur les installations classées » et « mise en danger de la vie d’autrui » par la juge
Anne-Marie Bellot du pôle santé publique du tribunal de Paris.
La magistrate instruit des plaintes déposées en 2003 et 2004 par la commune de Maincy, voisine de l’incinérateur et par l’Association des victimes de l’incinération et de leur environnement (Avie).
Une centaine de riverains ont également saisi la justice.
« Nous nous réjouissons de cette mise en examen même s’il a fallu cinq ans pour y arriver », a déclaré à l’AFP Me Corinne Lepage, avocate de la commune, en déplorant « qu’aucune personne physique,
dont les responsables de l’usine, ne soit poursuivie dans ce dossier ».
Mis en service en 1974, l’incinérateur d’ordure ménagères de Vaux-le-Pénil a dû fermer en juin 2002 à la suite de relevés faisant état de rejets dans l’air de dioxines supérieurs aux normes.
Dès 1999, des travaux de mise aux normes de l’usine avaient été ordonnés par la préfecture de Melun (Seine-et-Marne). Faute de résultat, le 5 septembre 2001, le préfet avait donné six mois au
syndicat intercommunal de l’agglomération pour respecter les normes sans obtenir gain de cause. Il avait alors ordonné la fermeture de l’usine.
La justice reproche au syndicat d’agglomération, gestionnaire de l’usine, de ne pas avoir réagi aux demandes de la préfecture alors que des analyses faisaient état de rejets de dioxine plus de
2.000 fois supérieurs à la norme.