Faire de la formation une priorité

Tribune parue dans le journal #4 de la COM

Comme chaque 24 aôut, la collectivité a décerné des diplômes aux nouveaux bacheliers, aux étudiants et, pour la première fois, aux adultes qui se sont engagés dans une démarche de formation professionnelle. Saint-Barthélemy est l’une des rares collectivités à féliciter publiquement ses diplômés : c’est bien le signe que plus qu’ailleurs, l’acquisition de compétences est importante pour la vie sur une île.

On le sait tous, pour se former, il faut le plus souvent partir jeune et loin de sa famille. La création de la classe de seconde a permis de retarder le moment de ce départ, mais il reste le plus souvent moralement, voire financièrement, difficile. Pour pallier ce handicap, la Collectivité participe pour une partie au transport des scolaires et étudiants, même si cette aide reste insuffisante. Pour ceux qui étudient en Métropole , la collectivité a pris à son compte la gestion de l’aide à la continuité territoriale, aide de l’Etat auparavant gérée par la région Guadeloupe. Dorénavant, aucun justificatif fiscal n’est demandé pour en bénéficier, ce qui a permis d’augmenter le nombre de bénéficiaires de cette aide.

Former les jeunes de Saint-Barthélemy, c’est aussi leur donner toutes les chances d’exercer le métier de leur choix, ici ou ailleurs. Le forum des métiers, organisé par la CEM et le collège Mireille Choisy, va dans ce sens : informer les jeunes de la diversité des professions et leur donner l’envie de réaliser leurs projets d’avenir.

La formation c’est une question individuelle, mais c’est aussi un enjeu collectif : proposer aux métiers qui jouent un rôle majeur dans l’économie de l’île (hôtellerie-restauration, BTP, commerce,…) la possibilité de recruter sur place, et aux jeunes qui souhaitent travailler dans ces métiers la possibilité de se former, si possible localement. Il faut saluer sur ce point l’action de la CEM, qui informe et accompagne les jeunes qui souhaitent s’engager dans l’apprentissage.

On ne peut pas parler de formation sans aborder la question des écoles, dont le transfert partiel à St-Jean est évoqué régulièrement. Sur ce sujet, je ne suis pas opposé à ce qu’on déplace un ou plusieurs établissements, mais il convient d’abord de savoir pour quelles raisons, à quel coût et surtout dans quelles conditions. On parle aujourd’hui de l’école maternelle et du primaire : pourquoi ne pas plutôt déplacer le collège, dont une partie des bâtiments est à mettre aux normes sismiques?

Il est sûr qu’aujourd’hui les enseignants manquent d’espace pour pouvoir exercer dans les meilleures conditions. Aussi, avant de commencer quoi que ce soit, je souhaite qu’une véritable concertation avec les utilisateurs (enseignants, parents d’élèves,…) soit effectuée, pour pouvoir répondre correctement à leurs attentes.