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Européennes en Outre-Mer : le Modem en outsider du scrutin

Le 6 juin, l’Outre-Mer élira 3 députés européens, soit une meilleure représentation que sur l’ensemble du territoire métropolitain.

Le mode de scrutin a été modifié, par rapport à 2004, pour tenir compte de la représentation de tous les Outre-Mer, quelle que soit leur taille. On aura donc 1 élu issu du bassin Atlantique (St
Pierre et Miquelon, St Barthélemy, St Martin, Guadeloupe, Martinique, Guyane), 1 élu du bassin Indien (Mayotte, Réunion, TAAF) et 1 élu du Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie Française,
Wallis-et-Futuna).

Les 3 sièges seront attribués aux listes qui ont obtenu le plus grand nombre (en valeur absolue) de voix, sur l’ensemble de l’Outre-Mer.
Ensuite, la liste arrivée en tête aura comme élu le candidat de la section où il aura fait le meilleur score (en % des voix), idem pour la seconde liste, et la troisième aura la dernière
zone.

L’avantage de ce scrutin est qu’on va éviter d’avoir trois élus réunionnais, et donc qu’on devrait davantage inciter les électeurs à voter.

Quel pourrait être le taux de participation ?

En 1999 et en 2004 on a observé un taux de participation élevé en Pacifique (29,3% et 33,0%) et à la Réunion (32,6% et 36,2%) alors que le taux de participation était plus faible en Atlantique
(10,5% et 15,1%).
Je vois deux raisons à cette plus grande abstention :
– en 1999, le mode de scrutin était pour une circonscription nationale, avec donc des candidats peu connus de l’Outre-Mer, et le jour du vote était décalé si bien que les résultats étaient joués
avant le vote, ce qui n’est pas mobilisateur.
– en 2004, les têtes de listes étaient toutes de la Réunion, et le candidat du PS n’était pas soutenu par le PS Antillais.

J’espère que cette année, les écarts de participation seront plus réduits en Atlantique, car on aura à choisir nécessairement pour un candidat pour l’Atlantique.

Quels pourraient être les résultats ?

En 1999, le PS avait fait 24,3% des voix, l’UMP 28,1% et l’UDF 10,3%, le RPF 7,0% et les Verts 5,3%.
En 2004, le PS 19,0% des voix, l’UMP 25,3% (alors que le RPF n’est plus candidat), le Modem 10,4, les Verts 8,6% et … Paul Verges 28,9% des voix.

Pour 2009, que peut-il se passer ? Nous avons 11 listes en piste, dont les 4 principales :

– le PCR
, via Elie Hoarau, est candidat Alliance pour les Outre-Mer. Si le taux de participation progresse dans les autres territoires que la Réunion, son score moyen devrait
diminuer par rapport au résultat de Paul Verges (37% dans la section Indien, 16,9% dans le Pacifique, et 24,9% en Atlantique, avec le soutien du PS local). S’il arrive en 1ère ou seconde position,
il sera de fait élu en Indien

– l’UMP, très représentée dans le Pacifique, est par ailleurs « handicapée » par la moindre notoriété de Marie-Luce Penchard, qui pourrait drainer moins d’électeurs à la
Réunion. N’oublions pas que même si elle a fait 45% de ses voix à la Réunion en 2004, cela ne représentait que 23,4% des électeurs, alors que Margie Sudre avait été élue « haut la main » à 40%
des voix dans le Pacifique. En 1999, l’UMP obtenait 19% en Indien, et 50% dans le Pacifique. Or ce scrutin représentait bien la structure de l’électorat, hors impact des têtes de liste.
Autrement dit, si la liste UMP est élue, il est très probable que ce soit son candidat pour le Pacifique, Maurice Ponga, qui obtienne le siège à Strasbourg.

– le PS, a priori, vu le contexte national, n’a pas de raison d’obtenir un meilleur score qu’en 2004. Il eut pu en être autrement si l’Alliance n’avait pas été candidate.
Ses scores dans l’océan indien (29,5% et 25,3%) et dans le Pacifique (15,9% et 18,0%) risquent d’être préservés. Si le PS local ne « boycotte » pas le scrutin comme en 2004 (7,7%
des suffrages), le PS peut espérer retrouver son niveau de 1999 en Atlantique (27,6%).
Dans tous les cas, qu’ils soient premier ou second au final, le PS dvrait avoir comme élu son candidat de l’océan Indien.

– le Modem, même s’il ne recouvre pas exactement le même positionnementque l’ex-UDF, est en position d’outsider.
En Pacifique, il devrait dépasser les 10%, soit son score de 2004, et plus que les 8% obtenus par François Bayrou à l’élection présidentielle.
En Indien, la tête de liste Gino Ponin-Ballom, conseiller général de la Réunion, devrait attirer un nombre d’électeur plus conséquent qu’en 2004, où le candidat de l’UDF avait pâti localement
de la concurrence entre les têtes de listes locales. François Bayrou ayant réalisé 12,8% des suffrages à la Réunion et 21,4% à Mayotte (dont le député Abdoulatifou Aly est Modem), la
liste Modem peut espérer tirer son épingle du jeu.
En Atlantique, la liste est conduite par Max Orville. Elle bénéficie des bons résultats de 2004 (21% sur tout l’Atlantique) et d’un parti politique mieux structuré.

L’enjeu pour la liste Modem est d’arriver en troisième position et de pouvoir ainsi prétendre à un siège, qui de fait, aurait de grandes chances de revenir à Max Orville
(Martinique).

La liste Modem bénéficie comme atout de la dynamique créée par François Bayrou, de la volonté marquée pour les ultramarins de s’opposer à Nicolas Sarkozy, qui n’est pas
intervenu dans la crise de cet hiver, et enfin du soutien de cap21, qui garantit que s’il est élu, les préoccupations écologiques seront prises en considération.

Voilà pourquoi, cette élection, en apparence compliquée, sera très intéressante à analyser et permettra d’avoir une bonne vision du paysage politique ultramarin avant les élections
régionales.

 

Une réflexion sur “Européennes en Outre-Mer : le Modem en outsider du scrutin

  • Surtout ne pas oublier de voter le  6 Juin !!!

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