Etude Karuprostate : le chlordécone augmente les risques de cancer de la prostate
L’unité 625 de l’INSERM et le service d’urologie du CHU de Pointe-à-Pitre ont rendu les conclusions de l’étude Karuprostate.

Cette étude conclut au fait que l’exposition
à la chlordécone est associée à un risque accru de survenance du cancer de la prostate : le risque est multiplié par 1,8 pour toute personne ayant une concentration en chlordécone dans le sang
supérieure à 1µg/l.
Le risque est par ailleurs accru pour les personnes ayant des antécédents familiaux de cancer de la prostate, ainsi que chez les individus ayant résidé dans un pays occidental.
L’importance de cette étude est de montrer que le risque de survenance accrue du cancer de la prostate est lié non seulement à la manipulation du produit (par les planteurs de bananes) mais
aussi à la consommation de produits contaminés. Le risque est donc présent pour encore plusieurs siècles, pour toute la population, et on doit adapter notre comportement à cette réalité.
Par ailleurs, lorsque nous avions porté plainte contre la décision prise par l’AFFSA en octobre 2005 d’autoriser la consommation de produits pollués en-deça d’un certain seuil, nous
avions mentionné entre autre le fait que les études sanitaires, dont la présente étude Karuprostate, n’avaient pas donné leurs conclusions. Et que donc dans l’absence de conclusion, il valait
mieux appliquer le principe de précaution et rester sur l’interdiction totale de consommation de produits contaminés, interdiction qui était alors en vigueur. Malheureusement le recul nous
confirme que nous avions raison d’être inquiets, d’autant que la contamination par le chlordécone est cumulative : la molécule se stocke dans les graisses et a une durée de vie dans le corps de
plusieurs années.
Aussi, nous préconisons toujours comme en 2005 :
– un dépistage volontaire du taux de contamination des Guadeloupéens et des Martiniquais, pour rassurer ceux qui sont peu contaminés et inciter ceux qui le sont davantage à être encore plus
vigilants
– une information permanente de la population, notamment les jeunes femmes, car la chlordécone se transmet en partie dans le corps du foetus lorsqu’elles sont enceintes, puis ensuite se
concentre dans le lait maternel (Cf. étude Ti Moun)
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