
Dans le communiqué reproduit ci-dessous les représentants de l’industrie minière de Nouvelle Calédonie s’interrogent sur les conséquences de l’inscription de lagons au patrimoine mondial de l’Unesco.
A plusieurs reprises déjà nous avons abordé cette question et étayé notre position, selon laquelle les zones proposées au classement sont insuffisantes et surtout situées dans les régions qui sont le moins préjudiciables aux activités actuelles !
Les représentants de l’industrie minière ont probablement eu accès au zonage proposé et ont été intégré dans les débats à ce sujet. La question de savoir si ce classement nuira au développement futur des activités minières, je dirais à titre personnel que dès lors que ces activités auront un effet sur l’état du lagon elles ne pourront avoir lieu en l’état. Et c’est positif, dans la mesure où le classement imposera aux industriels de la mine de mettre en place toutes les techniques nécessaires à la préservation de l’environnement. Si la baie de Prony avait été déjà classée, on n’en serait probablement pas là aujourd’hui concernant l’usine de Goro.
Au moins, le classement permettra de prendre en compte réellement les contraintes environnementales, ou de renoncer à toute activité minière dès lors qu’elle sera polluante. Ce qui est une avancée indéniable.
Nickel: inscription des lagons à l’UNESCO inquiète les mineurs de Calédonie
NOUMEA (Nouvelle Calédonie), 20 déc 2007 (AFP) – Le projet d’inscription des lagons de Nouvelle-Calédonie au patrimoine mondial de l’Unesco inquiète les industriels du nickel, qui s’interrogent sur les contraintes d’un tel label, ont-ils indiqué jeudi à l’AFP.
"Nous voulons savoir quelles vont être pour nous les contraintes de cette inscription. Or, on ne nous a pas tenu au courant et personne ne semble en mesure de nous renseigner", a déclaré Janine Décamp, présidente du syndicat des industries de la mine.
"Nous ne sommes pas contre cette initiative mais il est indispensable que nous ayons connaissance de ses conséquences, nous représentons tout de même 10.000 emplois en Calédonie", a-t-elle ajouté.
La France doit déposer en mars à l’Unesco une demande d’inscription au patrimoine mondial des lagons de la Nouvelle-Calédonie. Six sites, répartis sur l’ensemble de l’archipel et couvrant quelque 15.000 kilomètres carrés, forment le bien à inscrire, et ont été choisis pour leur richesse et leur bon état de conservation.
Certaines zones jouxtent cependant des exploitations minières ou entourent des territoires riche en nickel, comme c’est le cas pour les îles de Belep dans le nord. "Il faut que les industriels sachent ce qu’il en est pour les activités actuelles mais aussi pour celles à venir.
Est-ce que des permis pourront être accordés dans ces régions?", a indiqué Jean-Yves Bouvier, président du Medef (patronat), qui soutient les mineurs.
Le nickel est la première richesse de la Nouvelle-Calédonie, qui abrite environ un quart des réserves mondiales de ce minerai, indispensable à la fabrication d’acier inoxydable.