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Convention UMP sur l’Outre-Mer : revue de presse

L’UMP vient de terminer sa convention sur l’Outre-Mer, dont l’existence même est à féliciter et révèle l’intérêt que porte le futur candidat à la présidentielle aux populations ultra-marines et à leurs voix.

Alors que les candidats UMP ont pâti lors des dernières élections du clientélisme régional pratiqué depuis de nombreuses années, on pense à Lucette Michaux-Chevry, Gaston Flosse ou autre Jacques Lafleur, il devient urgent pour l’UMP de se repositionner sur l’échiquier politique ultra-marin.

Pour vous forger votre opinion, vous pouvez consulter les résultats de la convention UMP sur l’Outre-Mer et les propositions de l’UMP, que je commenterai en détail dans d’autres posts, sur le site de l’UMP http://www.conventions-ump.org/OutreMer.htm

ainsi que les articles de presse suivants :

1 – Le président de l’UMP bouscule la droite d’outre-mer  (le Figaro – 13 juillet 2006)

Nicolas Sarkozy prône une «rupture» avec la conception «clientéliste» de la politique dans les territoires ultramarins.

CÔTÉ COEUR, Nicolas Sarkozy est allé au plus simple pour séduire le millier de cadres et d’élus de l’UMP réunis hier salle Gaveau, à Paris, pour la convention du parti sur l’outre-mer. Il a proposé de rebaptiser l’aéroport de Fort-de-France du nom de l’ancien maire de la ville, le poète Aimé Césaire. L’hommage rendu au héraut des indépendantistes martiniquais a ravi l’assistance, en particulier les deux cents participants venus exprès en métropole.

Côté raison, le chef de l’UMP a expliqué à une droite ultramarine marquée par les divisions sa volonté de «rompre» avec une conception de la politique lourdement sanctionnée dans les urnes depuis 2004. Sans citer les défaites en Guadeloupe et en Polynésie des deux piliers du chiraquisme, Lucette Michaux-Chevry et Gaston Flosse, assis au premier rang, Nicolas Sarkozy a asséné : «Les déceptions que nous avons connues ces dernières années doivent nous amener à nous éloigner des considérations clientélistes.»

«Contrôle étroit»

Au cours du débat de la matinée, un intervenant avait osé suggérer que le «manque de confiance» des Français d’outre-mer dans leur personnel politique n’était peut-être pas sans rapport avec «l’implication dans des affaires judiciaires» de certains des élus présents. Michel Diefenbacher, secrétaire national de l’UMP en charge de l’outre-mer, a évité d’épiloguer sur le sujet. Il a simplement affirmé qu’un «contrôle étroit» des pratiques politiques était désormais en vigueur.

Sans s’appesantir lui non plus sur les erreurs passées, Nicolas Sarkozy a précisé sa solution pour sortir les collectivités d’outre-mer de l’enlisement : «Donner à leurs économies une forme d’autonomie, une plus grande capacité de développement par elles-mêmes.» «Je ne crois pas à une accumulation de mesures aux objectifs multiples qui se traduiraient par une série d’aides publiques supplémentaires, a-t-il expliqué. Je crois au contraire qu’avec plus de quatre-vingts régimes d’aides publiques, il y a probablement un effort de rationalisation et de simplification à faire.» La salle a réagi avec circonspection. Elle s’est montrée tout aussi partagée quand Nicolas Sarkozy a brisé le tabou de la surrémunération des fonctionnaires en annonçant son intention de mettre la question sur la table, sans «aucun a priori, ni dans un sens, ni dans un autre».

En revanche, le futur candidat de l’UMP a obtenu un franc succès en se prononçant pour l’apprentissage des «langues créoles» dans les écoles sur place mais aussi en métropole. L’auditoire a aussi apprécié que Nicolas Sarkozy propose en présence de François Baroin, ministre de l’Outre-Mer, la création d’un «conseil interministériel de l’outre-mer placé sous la présidence du chef de l’État» afin de dresser régulièrement «un bilan de la marche de l’égalité des chances» dans les territoires concernés. La convention s’est terminée dans l’enthousiasme et au son des percussions d’un groupe de Wallis-et-Futuna.

2 – Sarkozy développe son projet de rupture pour l’outre-mer (Le NouvelObs.com / AP – 12 juillet 2006)

 

PARIS (AP) — Nicolas Sarkozy a développé mercredi son projet pour sortir l’outre-mer de "l’assistanat" et du "clientélisme" lors d’une convention de l’UMP sur le sujet dans la perspective des élections de 2007.
La principale proposition du président de l’UMP porte sur la création de "zones franches globales" pour favoriser le développement économique et l’emploi outre-mer. Le taux de chômage outre-mer reste plus de deux fois supérieur à celui de la métropole, et le PIB par habitant nettement inférieur.
Ces zones défiscalisées couvrant l’intégralité des territoires ne concerneraient que les "secteurs les plus porteurs et les plus exposés à la concurrence", a expliqué M. Sarkozy, dont la proposition reprend l’idée de discrimination positive qui lui est chère.
Nicolas Sarkozy compte sur le développement économique pour sortir l’outre-mer de la "culture de l’assistanat". "Trop de gens outre-mer considèrent que vivre, c’est survivre avec le revenu minimum d’insertion", a-t-il notamment déploré.
Le président de l’UMP a donc proposé que la solidarité de la métropole envers les territoires ultramarins s’exerce dans trois directions prioritaires: la santé, l’éducation et le cadre de vie.
Dans ce cadre, il n’a pas éludé la question sensible de la continuité territoriale avec l’outre-mer, mal desservi par les compagnies aériennes et pour un coût souvent prohibitif.
Le président de l’UMP a suggéré de "modifier les obligations de service public qui pèsent sur les compagnies pour favoriser un accroissement du nombre de sièges et donc une baisse des tarifs". Il a également préconisé de réviser les modalités d’application du système des congés bonifiés dont bénéficient le million d’ultramarins habitant en métropole afin d’étaler les départs.
Après la polémique sur la colonisation, Nicolas Sarkozy a insisté sur la nécessité de faire davantage de place aux cultures ultramarines. Pour lutter contre le "sentiment d’abandon" ressenti par les Français d’outre-mer, souvent méconnus en métropole, il a proposé d’intégrer la promotion de l’outre-mer dans les missions du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).
Symboliquement, il a annoncé qu’il allait rebaptiser "dès que possible" l’aéroport de Fort-de-France – Le Lamentin en Martinique au nom du poète Aimé Césaire.
Tout au long de son discours, Nicolas Sarkozy a affiché sa volonté de rompre avec le chiraquisme ultra-marin. "Il faut nous éloigner de toute considération clientéliste", a-t-il notamment lancé devant Lucette Michaux-Chevry et Gaston Flosse, deux fidèles de Jacques Chirac battus ces dernières années dans les urnes.
Le président de l’UMP, qui s’est rendu ces derniers mois en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane, ne ménage pas ses efforts pour courtiser les 2,5 millions d’habitants de l’outre-mer, dont le poids électoral pourrait faire la décision au printemps prochain. "J’aime l’outre-mer", a lancé celui pour qui ces territoires représentent "la vocation universelle de la France" et "la vision d’une France multiple". AP

 

3 – Nicolas Sarkozy tente de séduire l’Outre-mer(Les Echos 13 juillet 2006)

 

Après le déplacement de Nicolas Sarkozy en Guyane, l’UMP a tenu, hier, une convention sur le thème de l’Outre-mer.
Le président de l’UMP s’est engagé à faire de ces territoires et départements « une pièce maîtresse du projet pour la France de demain ». « Il n’y a pas deux France », a-t-il ajouté, regrettant que l’Outre-mer, fief privilégié de Jacques Chirac, souffre d’un « déficit de reconnaissance symbolique » des habitants de la métropole.
Il propose ainsi la création d’une « Maison de l’Outre-mer » et d’un « Conseil interministériel de l’Outre-mer », placé sous la présidence du président de la République, qui réaliserait régulièrement un bilan « de la marche vers l’égalité des chances ». Il a également appelé à y renforcer la politique de sécurité.
Le projet de l’UMP entend donner davantage d’autonomie aux économies locales : simplification des procédures actuelles de défiscalisation, création de « zones franches globales d’activités » sur les secteurs les plus porteurs et les plus exposés à la concurrence, débat autour des sursalaires de la fonction publique et création de « facilitateurs » afin de favoriser le dialogue social.