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Chlordécone : le Conseil d’Etat rejette la requête de Cap21 pour absence d’intérêt à agir

Communiqué de presse de Cap21 Outre-Mer, le 6 septembre 2007

Le 27 juin, le Conseil d’Etat a rejeté la requête que nous avions engagée auprès du juge administratif, demandant l’annulation de l’arrêté du 10 octobre 2005 relatif à la teneur maximale en chlordécone que ne doivent pas dépasser certaines denrées d’origine végétale pour être reconnues propres à la consommation humaine.
Le motif de ce rejet a été l’incapacité de notre mouvement Cap21 à agir de la sorte.

Cette décision, si juste soit-elle sur le plan juridique, n’a donc pas permis de débattre du fond du dossier, c’est-à-dire de l’autorisation donnée par l’Etat de commercialiser des produits contaminés et très probablement dangereux pour la population.

En l’absence de contrôle efficace sur le terrain, le doute continue de peser sur le caractère nocif ou non des aliments commercialisés par les agriculteurs, et la population guadeloupéenne et martiniquaise continue d’être contaminée à petite dose sans qu’on en sache plus qu’hier sur les effets du chlordécone sur notre santé.

Comme aucun responsable politique local ni national n’a souhaité prendre ce problème à bras-le-corps, comme personne de la société civile ne s’était offusqué de cette décision, nous espérions que notre démarche aurait permis d’aboutir à un vrai débat sur le caractère dangereux du Chlordécone pour la santé, et sur la nécessité de prendre des mesures à ce sujet. Tel n’a pas été le cas.

Faut-il, pour avoir le droit d’alerter sur un risque sanitaire, être directement victime ? Faut-il être constitué en groupe de consommateurs du chlordécone ? La même requête provenant d’une association de producteurs aurait-elle été acceptée ?

Cap21 Outre-Mer regrette que par cette décision le juge administratif n’ait pas dénié reconnaître aux formations politiques le droit de s’engager dans la défense de leurs concitoyens, qu’il contribue à restreindre leur champ d’action.

Or Cap21 est de longue date particulièrement engagé sur tout ce qui concerne les liens entre santé et environnement, qui sont l’un des aspects majeurs du développement durable. Et la pollution de l’environnement par les pesticides en général, par le chlordécone en particulier, sont aujourd’hui incontestablement un risque pour notre santé.

Bien que cette décision du Conseil d’Etat soit une occasion manquée d’avancer sur les conséquences sanitaires de la pollution par le Chlordécone, nous continuons à nous engager pleinement pour la résolution de cette crise et à agir pour que cesse cet empoisonnement à petits feux et sans bruit des habitants de Guadeloupe et de Martinique.

Benoit Chauvin – resp Outre-Mer de Cap21
Tel : 06 90 67 89 44
Mail : b.chauvin à cap21.net