Chikungunya : comment en est-on arrivé là ?
La Réunion est actuellement confrontée à une grave crise sanitaire que les services déconcentrés de l’Etat et les autorités régionales n’ont pas anticipée comme elles auraient dû le faire. Alors que les moustiques porteurs du chikungunya ont été identifiés en septembre 2004, comment peut-on expliquer que les foyers n’aient pas été traités alors qu’ils étaient localisés ? Comment peut-on expliquer qu’on en arrive à une vingtaine de morts indirectes, des dizaines de milliers de personnes frappées par l’épidémie si ce n’est par la faillite d’une chaîne de responsabilités administratives et politiques : carence des services étatiques de lutte anti-vectorielle et absence du Département dans les opérations de lutte contre les moustiques.
CAP 21 se satisfait de la mobilisation que vient de mettre en oeuvre le Ministre de la Santé mais demande que les explications et les conclusions soient tirées de ces graves dysfonctionnements pour prendre les sanctions nécessaires et revoir complètement la stratégie de surveillance entomologique et de lutte anti-vectorielle. CAP 21 souhaite aussi que des directives en matière de prévention soient données à l’ensemble des personnels de soins de l’île
Par ailleurs, à la crise sanitaire extrêmement préoccupante risque de s’ajouter une crise environnementale majeure par l’emploi massif et parfois inadapté de traitements insecticides.
Concernant le Téméphos, insecticide organophosphoré utilisé par les services de la DRASS contre les larves, CAP 21 souligne qu’aucun industriel n’a déposé de dossier pour l’inscrire à la liste des substances actives biocides autorisées au niveau communautaire. Ce produit devra donc être retiré des substances autorisées au 1er septembre 2006. CAP 21 demande sans plus tarder de prévoir le remplacement du Téméphos par l’emploi du BTI (Bacillus thuringiensis israelensis), un moyen de lutte biologique éprouvé contre les larves de moustiques.
Concernant les insecticides organophosphorés utilisés contre les moustiques adultes, CAP 21 s’inquiète de leur nocivité sur les écosystèmes, la faune (observations de morts inhabituelles d’oiseaux, lézards, etc…) et les populations et demande au Ministère de l’Ecologie de les remplacer dans les plus brefs délais par des substances plus ciblées et moins toxiques et de faire preuve de la plus grande transparence.