Chercheurs d’or vert en Guyane
Botanique. La richesse végétale de la forêt amazonienne permet aux scientifiques de divers domaines – botanique, zoologie, matériaux, santé – d’explorer de nouvelles voies.
Libération, ce 29 avril, a écrit deux très bons articles sur le rôle du CNRS et de la recherche dans le domaine de la forêt guyanaise :
>>> Chercheurs d’or vert en Guyane
>>> «Un intérêt scientifique majeur»
Extraits :
(…) la perspective de la création du Pôle universitaire guyanais (PUG) nous a encouragés à investir pour une implantation permanente et à lancer le Programme interdisciplinaire «Amazonie».
(…)
(…)La forêt guyanaise constitue un terrain d’exercice exceptionnel pour cette thématique d’ampleur mondiale, comparable en enjeux scientifiques et sociétaux à la problématique du climat. Nous
sommes au cœur du plus grand système forestier naturel mondial avec la Sibérie, et l’un des plus grands réservoirs de biodiversité. La Guyane est le seul territoire de ce type sous administration
d’un pays industrialisé, bénéficiant d’une pression démographique faible, alors que le système amazonien sera fortement perturbé, durant le demi-siècle qui vient, par l’expansion démographique et
agricole de la région. Nous avons donc une responsabilité de recherche qui dépasse le seul enjeu français.(…)
(…) Si le potentiel scientifique de la forêt guyanaise fait vibrer écologistes, botanistes et autres zoologistes, il ne s’y limite pas et va jusqu’aux applications technologiques et de santé. En
témoigne le premier laboratoire universitaire de Guyane associé au CNRS, le L3MA (Matériaux et molécules en milieu amazonien). (…) Tout neuf, le labo est déjà productif, et témoigne d’une volonté
de réaliser ici le travail à valeur ajoutée scientifique sur le matériel récolté en Guyane. Plusieurs thèses sont en cours. Parmi leurs auteurs, une jeune chinoise (en cotutelle avec une université
de Pékin) ou Mariana Boyer, de la première génération de Guyanais à pouvoir aller jusqu’au sommet du cursus universitaire sans quitter le département. (…)
(…)Déjà des résultats ? Oui, en tests, mais de là au médicament, «il y a dix ans au moins», explique-t-elle. Et de relativiser les espoirs mis trop vite sur les «trésors cachés» que recèlerait la
forêt tropicale pour la médecine : «Il faut être patient : sur des milliers de plantes testées, on aura quelques médicaments, pas plus.» (…)