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La barrière de corail de Calédonie peut-être au patrimoine mondial en 2008

D’après la dépêche ci-dessous, six zones de la barrière de corail néo calédonienne seront proposées à l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. C’est déjà un très grand pas vers une meilleure protection de ce milieu exceptionnel, mais des lacunes demeurent qui devront être améliorées, ce projet n’allant pas assez loin.

– cette inscription ne vaut pas préservation effective mais seulement prise en compte de l’intérêt de préserver la valeur écologique du récif. Il faudra rester vigilant pour que les activités économiques développées ne mettent pas en péril l’équilibre du monde sous-marin.

– la protection ne concerne que des zones éloignées des exploitations minières actuelles et prévues à court terme. Elle n’empêchera donc aucunement les projets de Goro et de l’usine du Nord de mettre en péril le milieu corallien situé à proximité. Alors qu’il est encore temps de demander àce que les exploitants futurs offrent des garanties quant aux rejets effectués dans le milieu marin par leurs activités, respectent les engagements qu’ils ont pris en la matière, et qu’ils s’assurent des dégâts éventuels qui pourraient être commis.

Cette protection, qui arrive bien tard et reste modeste n’empêchera donc pas la destruction par l’homme d’une partie de son patrimoine mondial, ce que nous déplorons vivement.

Benoit Chauvin & Bruno Van Peteghem (membre fondateur de Corail Vivant)

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NOUMÉA (AFP) – La barrière de corail de Nouvelle-Calédonie, l’une des plus vastes au monde, pourrait être inscrite au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco en 2008, devenant le premier site de l’Outre-mer français à obtenir ce label.

Six zones, représentatives de la diversité des récifs coralliens et des écosystèmes associés, seront proposées pour être inscrites sous forme d’un "bien en série" au patrimoine mondial de l’Unesco, a-t-on appris mardi lors de la présentation d’un rapport d’étape aux élus de la province sud.

Deuxième plus vaste ensemble corallien au monde après la Grande barrière d’Australie, la couronne récifale calédonienne s’étend sur 1.600 km et recèle une bio-diversité exceptionnelle, dont seuls 20% des éléments sont connus.

Bien que le récif de Nouvelle-Calédonie, dans le Pacifique sud, figure parmi les mieux préservés au monde, en raison notamment de la faible densité de population, de nombreuses zones sont endommagées.

Les flux de sédiments, dus à l’exploitation des mines de nickel à ciel ouvert, sont notamment responsables de l’encrassement des coraux.

Le projet de construction de deux nouvelles usines métallurgiques, dont l’une rejettera des effluents dans le lagon, suscite l’inquiétude.

Les cyclones et l’augmentation de la température de l’eau, à l’origine du blanchissement des coraux, sont en outre des facteurs de destruction.

La Nouvelle-Calédonie est cependant considérée, avec Madagascar, comme l’un des plus hauts lieux de la biodiversité marine et terrestre mondiale.

Les six zones retenues, réparties sur l’ensemble de l’archipel et éloignées des activités minières, ont été choisies en raison de leur richesse et de leur bon état de conservation, en terme de récifs, de mangroves, d’herbiers et de lagons. Un plan de gestion de ces sites est en cours d’élaboration.

La France devrait déposer le dossier du récif calédonien au Comité du patrimoine mondial de l’Unesco le 31 janvier 2007. Une mission d’expertise de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) devrait ensuite être menée pendant 18 mois, avant que le Comité ne soit saisi en juin 2008.

Les responsables de la province sud ont rappelé que cette inscription n’était pas synonyme de "mise en réserve", qui interdirait tout développement économique.

"L’enjeu est de conjuguer progrès économique et social, et protection de l’environnement, selon le principe du développement durable", selon Philippe Gomes, président de la province sud.

Le dossier est en cours depuis des années en Nouvelle-Calédonie. Un première demande d’inscription avait été déposée à l’Unesco en janvier 2002, mais il comportait plusieurs lacunes, dont la signature de l’Etat partie, la France.

A l’époque, l’initiative n’avait pas suscité les consensus des élus locaux, ce qui est intervenu après les élections provinciales de mai 2004.

Fort de cet accord local, le président Jacques Chirac avait déclaré, en janvier 2005, lors de la conférence internationale sur la bio-diversité à l’Unesco, que la France renforcerait la protection et la gestion de la barrière de corail en vue de son classement au patrimoine mondial".

Une réflexion sur “La barrière de corail de Calédonie peut-être au patrimoine mondial en 2008

  • Le classement des récifs coralliens et des écosystèmes associés sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO représente une chance de sauver ce qui n’a pas encore été atteint, de le faire savoir et d’agir solidairement avec ces populations autochtones qui habitent et vivent dans les poussières de l’empire.
    Dans une petite île avec une grande richesse spécifique et un très fort taux d\’endémisme, la destruction de l\’environnement est synonyme de disparition d\’espèces.
    Il s’agit donc, au sens propre du terme, d’un génocide !
    Le dossier pour un classement « partiel », sera déposé officiellement, par le Gouvernement français, en janvier 2007, et c’est pour nous malgré tout, une grande satisfaction.
    Pour un classement intégral, nous avions imaginé la création innovante du concept de « zone sacrifiées » avec un réel statut juridique et, pour la gestion, l’application du système dérogatoire qui aurait fonctionné à l’instar du système des douanes françaises.
    Depuis 1981, la Nouvelle-Calédonie a été gérée par une idéologie socialiste « à la française » qui a fait, ou laissé faire, l\’inverse de ce qu\’elle disait…. ou prétendait défendre !
    Quant à la droite républicaine, elle reste indigente sur le plan intellectuel : elle n’aime pas les idées.
    Et donc, il n\’existe, dans ce Territoire français, paradis de la biodiversité, aux ressources et potentialités colossales, aucune loi sur l\’environnement (Code de l\’Environnement).
    Après de nombreuses péripéties, cette tentative de classement constitue un grand pas pour la protection de la biodiversté et une ébauche de cohérence avec le discours politique…que nous saluons.
    Bien à vous,
    Bruno Van Peteghem
    Bruno VAN PETEGHEM
    2001 Goldman Environmental Prize

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