Saint-Barthélemy n’est pas un paradis fiscal !
Voici le « courrier des lecteurs » que je viens d’adresser au magazine Marianne, qui pour la seconde fois vient de mentionner notre île comme étant un paradis fiscal.
SAINT-BARTHELEMY N’EST PAS UN PARADIS FISCAL
Avec l’éclatement de la crise financière, les medias pointent de nouveau du doigt Saint-Barthélemy comme étant un paradis fiscal de la France : la tribune d’Arnaud Montebourg (dans La Tribune),
un article de Rue89, un article dans Marianne le 23 octobre et enfin une tribune de Jean-François Kahn de nouveau dans votre magazine de cette semaine. Je lis attentivement et avec plaisir
Marianne chaque semaine et pensais que vous étiez plus objectifs que les autres hebdomadaires… en tout cas je m’imprégnais de vos points de vue. Je serais dorénavant un peu plus vigilant.
En effet, ce n’est pas parce que Saint-Barhélemy bénéficie d’une fiscalité qui lui est propre que cette île doit être considérée comme un paradis fiscal : les transactions financières se font en
toute transparence, le secret bancaire n’existe pas, et un suivi de l’activité financière est réalisé par l’IEDOM*.
Par ailleurs, la non-imposition des résidents de Saint-Barthélemy à la fiscalité nationale, qui a été actée dans le statut de février 2007, répond à des critères précis et encadrés par la loi :
habiter sur l’île depuis au moins 5 ans, y être physiquement au moins 6 mois par an,… et seuls les revenus liés aux activités réalisées à Saint-Barthélemy même peuvent bénéficier du régime
fiscal favorable.
Ce sont probablement le climat antillais et le système fiscal avantageux qui laissent à penser aux chroniqueurs non avertis que nous habitons dans un «paradis fiscal». Mais ce raccourci est plus
que rapide, et plus que facile.
Ceux qui vivent à Saint-Barthélemy à l’année n’ont rien de millardaires. Au contraire, ils pâtissent de la double insularité : coût de la vie 50% à 150% plus cher qu’à Paris, loyers très élevés,
nécessité de prendre l’avion pour la Guadeloupe ou la Métropole pour consulter le moindre médecin spécialiste, nécessité d’envoyer ses enfants faire leurs études à St-Martin, en Guadeloupe ou en
Métropole au plus tard après la Seconde, avec les frais de transport et d’hébergements afférents, nécessité de s’héberger à l’hôtel pendant 3 semaines au moins lors d’un accouchement, et j’en
passe… Ici, une famille normale doit gagner nettement plus qu’en Métropole pour obtenir un niveau de vie comparable, et les exonérations d’impôts pèsent peu dans le choix que font les résidents
de venir habiter ici.
Il est d’autres raisons que fiscales qui font que les habitants de Saint-Barthélemy sont attachés à leur île et ne voudraient pour rien au monde habiter ailleurs.
J’aimerais que vous arrêtiez de contribuer à l’image déplorable que donnent de notre île certains responsables politiques ou médiatiques, qui visiblement ne la connaissent pas suffisamment.
J’invite tous ceux qui voudraient écrire sur Saint-Barthélemy, avant de tenir des propos à l’emporte-pièce, nuisibles à notre image et insultants pour les habitants de ce morceau de France, à
venir sur place pendant quelques semaines pour se faire leur propre jugement.
Benoit Chauvin
Conseiller Territorial de Saint-Barthélemy
Responsable Outre-Mer de Cap21
* Institut d’Emission des Départements d’Outre-Mer, l’équivalent de la Banque de France dans les DOM.
Les autorités de saint bart’ se soucient peu d’y faciliter la vie des plus modestes. Soit! … personne n’a dit que les paradis fiscaux étaient un paradis pour les ménages modestes ou moyens !
Par ailleurs, les sociétés européennes peuvent y établir une succursale, et alors s’éxonérer des taxes sur les bénéfices qui y sont réalisés , cela en fait une place off-shore 😉