Chlordécone : l’AFSSA a fixé les teneurs maximales autorisant une consommation sans risque pour la santé
Comme cela était prévu dans le plan d’action mentionné dans le rapport de la mission parlementaire du printemps 2005, l’AFSSA vient de fournir ses recommandations sur les Limites Maximales de consommation de produits contenant potentiellement de la chlordécone.
La fixation de ces LM avait pour but :
– de mesurer l’exposition éventuelle de la population (en l’occurrence martiniquaise, mais les résultats sont applicables à la Guadeloupe) à un risque sanitaire lié à la chlordécone. D’après l’AFFSA, il y a donc lieu d’être rassuré sur ce point.
– d’autoriser la commercialisation de produit pollués à un seuil inférieur à 50 microgrammes par kilo de produit brut. Ce dernier point revient à autoriser des facto un "relâchement" des mesures de précaution prises jusqu’à présent (retrait et destruction du produit si de la chlordécone était détectée), et donc d’accroître la quantité de chlordécone potentiellement "mise sur le marché". Et cela n’est pas fait pour rassurer la population.
Je reviendrais dans un prochain article sur les limites du rapport de l’AFFSA et sur les précautions à prendre au quotidien pour éviter autant que faire se peut d’ingérer des produits trop pollués.
Pour le moment, il ne faudrait pas que cette LM, fixée provisoirement en l’attente d’études plus précises, incite :
– les agriculteurs à cultiver quand même des légumes réceptifs à l’accumulation de chlordécone, et à les commercialiser.
– les autorités publiques à retarder, voire pire à limiter aux seules zones les plus polluées, les mesures de dépollution des sols qui vont être envisagées.
Le bon sens nécessite que nous réduisions au maximum, et si possible à la source, la pollution par le chlordécone. Les Valeurs Toxiques de Référence prises en compte par l’AFSSA assurent normalement une protection garantie contre les effets possibles d’une telle pollution. Mais d’une part, nul ne connaît avec précision les effets sur l’homme, et les quantités ingérées chaque jour peuvent être proches, si l’on n’y prend garde, de ces Valeurs Toxiques de Référence. D’autre part, la chlordécone est bio accumulable dans les corps adipeux, et nous ne pouvons pas nous permettre d’autoriser cette accumulation dès le plus jeune âge !
Même si la publication de ces LMR permet de nous rassurer sur les niveaux de chlordécone potentiels que nous avons pu ingérer, il convient de rester vigilants, et de faire en sorte que la prise en compte des effets de la chlordécone au niveau national, qui est une chance pour les Antillais, soit suivie sur le terrain de mesures permettant son éradication.