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Chlordecone : il est urgent d’attendre


Cap21 intervenait dans le journal de la radio RFO ce dimanche pour demander de revenir sur la décision des seuils publiés par les ministères concernés.

Les titres avec Steve Prudent :
Bonjour, le CD de nouveau sur les devants de la scène, Cap21, le parti de Corinne Lepage l’ancien ministre de l’environnement monte au créneau. En l’absence de données avérées sur le danger que représente le produit pour la santé humaine, les récentes mesures annoncées par le gouvernement seraient prématurées.

Détail de la chronique :

Où l’on évoque de nouveau le Chlordécone : la récente annonce par le gouvernement de l’assouplissement des mesures de précaution quant à la consommation fait réagir Cap21.
Le parti de Corinne Lepage, l’ancien ministre de l’environnement clame son inquiétude. Une position qui pourrait se résumer ainsi : « il aurait été plus avisé d’attendre ».
Franck Aristide:

Pourquoi ne pas avoir attendu le résultat de toutes les études en cours des effets du Chlordécone sur la santé avant de mettre en place les seuils limite ? C’est la question posée par Cap21. En effet, depuis le 11 octobre dernier l’agence française de sécurité sanitaire des aliments propose de ne pas dépasser une quantité de 50ug de Chlordécone par kilo d’aliment frais pour huit catégories de légumes et racines. Pour le reste des aliments, le taux de pesticides devrait se situer en dessous de 200ug par kilo, mais Cap21 trouve cette prise de décision un peu prématurée.

Benoit Chauvin, représentant de l’organisation en Guadeloupe. « Ce qui est bizarre c’est qu’il avait fallu attendre octobre 2003 pour qu’on prenne des mesures assez restrictives de commercialisation de ces produits. Au printemps 2005, une mission parlementaire qui est venue en Guadeloupe faire un état des lieux, et que quatre mois après déjà on relâche la bride et on réautorise de nouveau à ce qu’il y ait des produits contaminés qui soient mis sur le marché ».
Une situation qui inquiète l’organisation d’autant que selon elle certaines conclusions du rapport de l’AFSSA seraient à prendre avec des pincettes.
« Dans ce rapport, la population est soumise à une quantité de Chlordécone qui dépasse nettement les seuils de toxicité chronique tels qu’ils sont définis par la plupart des médecins. Si on ne fait rien, en zone contaminée, il y a entre 10 et 20% des adultes qui dépassent nettement le seuil de toxicité chronique et 30% des enfants.»
Aujourd’hui, Cap21 réclame donc à l’Etat la mise en place de nouvelles mesures.
« Tout d’abord revenir sur sa décision. Ensuite réaliser des relevés de contamination sur d’autres aliments que les seuls qui ont servi dans l’étude actuelle, effectuer des mesures d’imprégnation de la quantité de Chlordécone dans la population. Comme ça fait 30 ans qu’on en a… Un autre rapport disait que la Guadeloupe était un terrain privilégié pour des études sur les effets des pesticides sur la santé.
Ce que j’espère c’est en fait que tout un chacun évitera de consommer des produits d’autoconsommation, c’est-à-dire qui son produits soit dans le jardin en zone contaminée soit qui proviennent de source non sûres. Alors c’est vrai que ce n’est pas forcément évident de pouvoir acheter des produits bio mais bon ça demande un effort…»
Un effort à faire et des mesures draconiennes à prendre car pour Cap21 si l’agriculture a un coût, la santé, elle, n’a pas de prix.