Elections 2012Politique

Nicolas Sarkozy renonce à inaugurer sa campagne présidentielle aux Antilles !

Nicolas Sarkozy a reporté sa visite en Martinique et en Guadeloupe prévue cette semaine,  au vu de l’ampleur prévue des manifestations à son encontre et suite au refus d’Aimé Césaire de le recevoir personnellement.

Il est vrai que l’adoption de l’article 4 de la loi du 3 février 2005, dit article « Ya’bon », n’avait rien pour plaire aux Antillais, même s’ils n’en étaient pas les principaux destinataires !
Au-delà du fait que Nicolas Sarkozy ait essuyé un revers personnel, cette situation révèle deux confusions :
– une confusion juridique : l’article incriminé n’avait a priori rien à faire dans un texte de loi.
Sur la forme, une telle définition détaillée des programmes scolaires relève a priori du décret, et il est probable concrètement que le décret d’application de cet article ne soit jamais pris. Une fois de plus trop de textes d’ordre réglementaire figurent dans les lois, contribuant à l’inflation législative.
Sur le fond, la loi n’a pas à préciser l’interprétation que l’enseignement doit faire de l’Histoire. Cette interprétation revient aux historiens.
– une confusion politique :

visiblement, la venue de M.Sarkozy n’avait rien d’une « visite de travail » avec les acteurs locaux pour traiter de la sécurité et de l’immigration clandestine. Si tel avait été le cas, son recul n’aurait pas pu être justifié, vu l’importance que revêtent ces deux questions pour les antillais.

Aussi, il est plus que probable que M.Sarkozy comptait sur cette visite pour entamer sa précampagne présidentielle et se former une image de candidat crédible. Malheureusement pour lui, il est fort à parier que l’empathie des antillais à son égard évoluera peu en sa faveur à court ou moyen terme et que l’Outre-Mer ne constituera pas pour lui une bonne plate-forme électorale !
En définitive, cette tentative avortée dans l’oeuf aura du bon pour les antillais : elle rappelle à tous que les habitants de l’Outre-Mer ont une histoire et une culture qui leur est propre et que celle-ci fait partie intégrante de l’histoire et de la culture française. Elle rappelle également qu’il faut arrêter d’utiliser l’Outre-Mer comme moyen de valoriser sa stature politique à bon compte, au mépris des préoccupations des populations locales.