Avoir un langage direct, oui ; parler comme un charretier, non !
Corinne Lepage, sur France 24, commente le dérapage verbal de Nicolas Sarkozy au salon de l’agriculture :
Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement dans un gouvernement de droite, aujourd’hui candidate du parti centriste MoDem aux municipales dans le 12e arrondissement de Paris, a toujours
milité pour un langage plus direct en politique. Le style Sarkozy est pourtant loin de la séduire.
« L’émotion vient du fait qu’on n’attend pas du président de la République qu’il s’exprime comme un charretier, dit-elle. Ne pas faire de langue de bois, c’est dire les choses sans se cacher
derrière son petit doigt. Mais en étant au-dessus de la mêlée, en ayant le sens de la dignité de sa fonction ».
Interrogée sur la façon de réagir face à un électeur hostile, elle répond : « Avec le sourire ! Dans cette campagne, sur les marchés, je croise parfois quelqu’un qui ne m’aime pas, c’est son
droit. »
Corinne Lepage fait partie des personnalités de différentes orientations politiques qui ont signé le 15 février un appel à la « vigilance républicaine » dans le magazine Marianne, s’inquiétant
notamment d’une possible « dérive vers une forme de pouvoir purement personnel ».
Selon elle, ce n’est pas le style de Nicolas Sarkozy qui peut faire craindre une telle évolution, mais une brutalité plus politique qui s’exprime par exemple dans sa demande à la Cour de Cassation
d’étudier les moyens de contourner une décision du Conseil constitutionnel. « Non seulement il est chargé de faire respecter la Constitution, mais il s’agit en plus d’une immixtion de l’exécutif
dans la justice : c’est extrêmement choquant », affirme-t-elle.