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Vale-Inco : première catastrophe écologique

Première catastrophe écologique lors de la mise œuvre d’une série d’essais dans l’usine de Vale-Inco dans le Sud de la Nouvelle-Calédonie.


Cette usine énorme qui devrait être mise en service d’ici quelques mois, utilise un procédé d’extraction de minerais pauvres en nickel (latérites). Ce procédé consiste à faire passer dans des
autoclaves chauds et sous pression le minerai mélangé à de l’acide sulfurique concentré.

Un accident s’est produit mercredi.
La version de l’entreprise est qu’un joint en téflon aurait lâché sur le tuyau transportant l’acide sulfurique concentré à 98%. Le bassin assurant la sécurité de ce risque étant en « travaux »
l’acide s’est écoulé librement et s’est déversé dans une rivière. Du déversoir au lagon des milliers d’espèces (Anguilles, poissons d’eau douce, poissons du Lagon) ont été détruites.
La Province Sud, responsable environnementale de ce projet, n’a été informée que 24 heures plus tard et de manière indirecte.
Les chefferies Kanak du Sud sont censées être informées et associées par un pacte signé en grande pompe.

Il faut conclure que :
– Malgré les mises en gardes répétées des associations environnementales depuis plus de 9 ans (A savoir Action Biosphère, CODEFSUD, Corail Vivant, Point Zéro/Base line et Réébù Nùù et WWF plus
tardivement) cet entrepreneur n’en fait qu’à sa tête.
– Il est étonnant que, durant une période d’essai, on ne teste pas en priorité les systèmes de sécurité. Dans ce cas précis la situation est bien pire puisque les systèmes de sécurité étaient
neutralisés.
– Connaissant les risques liés à l’exploitation de ce procédé il est absolument anormal que les autorités concernées et leurs services ne se soient pas imposés lors des contrôles de la période
test. Ne serait-ce que pour vérifier que les chiffres et techniques présentés lors des études d’impact et de danger sont encore d’actualités.
– Il est à signaler que l’étude de danger prévoit, en cas d’explosion des autoclaves, une zone létale de plusieurs KMS autour du site.
– Pour avoir suivi de près la question des rejets en mer, j’affirme que l’Institut (IRD) retenu pour tester les effets des effluents en mer ne dispose pas des moyens techniques et humains pour
assurer un suivi constant de l’activité de rejet. (Tuyau de plus de 20 KMS par 30 à 50 m de fond débitant de 1300 à 1500 M3/heure). Ces moyens existent pourtant en Nouvelle-Calédonie. Plongées
avec casques, scaphandriers qualifiés, enregistrement vidéo des prélèvements placés sous le contrôle de Réébù Nùù représentant les populations directement concernées par l’activité de
l’usine.
– La Gendarmerie Nationale est devenue littéralement un vigile équipé et nourrit par l’exploitant. Cette question a, déjà, été posée aux autorités : Est-ce bien la mission de la gendarmerie de
protéger une personne morale dont l’activité s’avèrera, en production, un danger pour les populations et pour l’environnement.
– La succession d’experts « indépendants » ont persévéré dans une monstrueuse erreur permanente assimilant la définition de « lagon » à celle de « lagune ».

Nous continuons à prétendre que les rejets se font en mer et non dans une mer intérieure ou une lagune fermée par la terre et nous exigeons que les accords signés par la France sur ces questions
de rejets soient appliqués à l’émission des effluents dans le lagon.
Nous sommes confrontés à un risque durable en Nouvelle-Calédonie.
Est-ce bien le sens que la Nation, la Nouvelle-Calédonie, La Province et l’entrepreneur veulent donner au mot durable ici ? C’est la question que nous posons.

Didier Baron
responsable Cap21 Nouvelle-Calédonie

2 réflexions sur “Vale-Inco : première catastrophe écologique

  • Ce n’est pas la première catastrophe ici, et ce n’est sans doute pas la dernièrehttp://codefsud.blogspot.com

  • Non seulement j’en suis conscient mais j’en suis un témoin actif depuis bien longtemps. Avec Vale-Inco nous sommes montés d’un cran dans l’échelle des risques. Compte tenu des liens plus qu’amicaux de certains de nos politiciens avec AREVA, il ne manque plus qu’une centrale nucléaire pour atteindre le dernier cran. Le combat doit être mené sur le plan politique.

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