Martinique

La Martinique souhaite un peu plus d’autonomie

Jeudi, les élus martiniquais réunis en Congrès ont adopté à une très large majorité le principe d’évoluer statutairement de l’article 73 (celui de l’identité législative) àcelui de l’article 74 de la Constitution, qui confère au territoire une plus large autonomie dans certains domaines de compétences.

Cette résolution a été votée par le MIM et le RDM, les élus de droite se sont abstenus et ceux du PPM ont été comptabilisés comme nuls, vu que lesdits élus ont brandi lors du vote une pancartedemandant à ce qu’un nouvel article confère davantage d’autonomie à la Martinique.
Par ailleurs, les élus ont acté le principe d’une chambre unique, élue au scrutin de liste à la proportionnelle. Le PPM proposait lui un scrutin mixte qui permettrait de garantirla représentativité de tous les territoires.

Cette décision est un grand pas, qui vient relancer l’évolution institutionnelle qui était stoppée depuis le référendum du 7 décembre 2003. Reste à savoir dorénavant quellescompétences les élus vont demander à exercer, à ce que les conseils régionaux et généraux valident la démarche et, surtout, que le gouvernement donne son accord.
Concernant les compétences, on peut, en se basant sur celles de St Martin et St Barthélemy, supposer que l’urbanisme, l’environnement, l’énergie, les transports, le tourisme,… en feront déjàpartie. On peut aussi se poser la question concernant le commerce.
On peut juste regretter, concernant l’utilisation faite de l’article 73, que, sauf depuis quelques semaines dans le projet de loi sur le Grenelle de l’environnement, Région et Départementn’aient jamais demandé d’exercer aucune compétences spécifique, comme le permettait l’application de l’art 73.

Si l’évolution de la Martinique en collectivité d’Outre-Mer régie par l’article 74 de la Constitution venait à se concrétiser, ce serait un pas d’une envergure nettement plus importante que cellesdes deux COM de St Martin et St Barthélemy : 10 fois plus d’habitant, une plus grande diversité d’activités,… on passerait du laboratoire au test en grandeur nature !

Quant à une évolution possible de la Guadeloupe, Victorin Lurel a de suite coupé court à toute initiative de ce genre, arguant que les élus et la population guadeloupéennes y étaient déjà moinsfavorables que la Martinique en 2003.