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LES SCIENTIFIQUES DEMANDENT LE RETOUR A L’ETAT DE DROIT CONTRE L’ORPAILLAGE ILLEGAL DANS LA RESERVE NATURELLE DES NOURAGUES

L’Association for Tropical Biology and Conservation (ATBC), la plus grande organisation scientifique du monde dédiée à l’étude et l’utilisation rationnelle des écosystèmes tropicaux soutient l’initiative de plusieurs Associations de Protection de la Nature en France contre le développement incontrôlé de l’orpaillage clandestin dans la Réserve Naturelle des Nouragues en Guyane.

Une organisation scientifique de premier plan déclare aujourd’hui que la stratégie actuelle de lutte contre l’orpaillage dans la plus grande Réserve Naturelle de France, Nouragues, est inefficace et met en péril cet espace naturel protégé unique au monde, génère une insécurité grandissante et remet en cause les projets d’écotourisme et d’éducation à l’environnement, et deux décennies de recherche scientifique sur le fleuve Arataye.

Une récente résolution formulée par l’Association for Tropical Biology and Conservation dénonce le fait que des milliers d’orpailleurs clandestins ont envahi les forêts tropicales des Guyanes, en particulier celle de la Réserve Naturelle des Nouragues en Guyane française où ils dégradent le fleuve Approuague et son affluent l’Arataye. Ils contaminent les sources et les bassins versants avec du mercure hautement toxique, et pratiquent le braconnage sur la faune sauvage, créent des ouvertures dans la forêt et sont une menace permanente pour les personnels des associations de protection de la nature, les populations riveraines, les touristes et les scientifiques.

J’ai récemment visité le Guyana pour voir la frontière avec le Brésil. On m’a mis en garde que la région entière était occupée par les prospecteurs brésiliens et ce serait dangereux pour nous d’y travailler » a déclaré le scientifique José Fragoso de l’Université d’Hawaii-Manoa, spécialiste de la faune Amazonienne travaillant dans l’Etat du Roraima au Brésil. Il ajoute qu’il « a aussi appris que la principale voie d’accès à cette région du Guyana est par le Brésil. »

L’Association Arataï, qui est gestionnaire de la Réserve Naturelles des Nouragues,déclare qu’«en raison de l’investissement de l’Etat et de l’Europe dans de nombreux projets d’éducation à l’environnement et de recherche scientifique dont l’avenir est maintenant menacé » elle « exprime son inquiétude vis-à-vis de l’avenir des espaces naturels protégés et de la Guyane en général ». Cette forêt constitue un des écosystèmes les plus précieux de la planète et est un site unique dans le plateau des Guyanes pour le développement de l’écotourisme, la formation universitaire et la recherche.

"La position des Associations de protection de la Nature n’est plus tenable en Guyane. Elles ne peuvent pas assumer des fonctions qui dépassent le cadre de la protection de la Nature et relève dorénavant de la lutte contre le grand banditisme." déclare Pierre-Michel Forget, chercheur en écologie tropicale au Muséum National d’Histoire Naturelle en France. "Depuis l’assassinat de deux agents de l’Association Arataï dans la Réserve Naturelle des Nouragues le 18 mai 2006 sur le camp de base dans la Réserve Naturelle des Nouragues, la situation est aujourd’hui incontrôlable et il y a des risques élevés de conflits entre les utilisateurs légaux et illégaux de la forêt en dépit des alertes répétées depuis 2003, une première résolution de l’ATBC présentée en janvier 2005, et une demande de renforcement de la protection des biens et des personnes."

« Les évènements récents à la Réserve Naturelle des Nouragues sont une tragédie au sens vrai du mot, car à travers ces deux meurtres de personnes innocentes, l’orpaillage illégal a touché l’une des réserves naturelles la plus importante et la plus spectaculaire de Guyane française. » déclare le biologiste William Laurance du Smithsonian Tropical Research Institute à Panama, Président de l’Association for Tropical Biology and Conservation. « C’est plus qu’une tragédie environnementale, même si c’est certainement cela ; c’est aussi la faillite d’une gouvernance et d’une justice, et en ce sens, cela devrait faire réfléchir et alarmer tous les citoyens français. »

« La Réserve Naturelles des Nouragues est reconnue, à travers des décennies d’études dédiées au terrain par un groupe important de chercheurs de France et de Guyane et de scientifiques internationaux, comme l’une des zones les plus diversifiées du monde. » avance David Hammond, Consultant en Environnement et un chercheur de longue date dans les Guyanes. Le scientifique rappelle que cette réserve naturelle est la plus grande de France avec 100000 hectares et que c’est une Aire Protégée propice aux études sur le fonctionnement de la forêt tropicale humide Amazonienne. « Comme une librairie, l’accumulation du savoir sur la forêt de cette réserve représente un investissement de valeur pour le Gouvernement Français, les universités, les ONGs et la communauté internationale, qui est rapidement perdu quand les recherches s’arrêtent. » a dit David Hammond

"La faiblesse des frontières est la principale cause de mise en péril de cette connaissance. Quand un territoire est alloué à la protection des forêts tropicales, il devrait être protégé." conclut Hammond.

L’Association for Tropical Biology and Conservation est la plus grande organisation scientifique mondiale spécialisée dans l’étude des écosystèmes tropicaux.
Fondée en 1963, l’ATBC totalise plus de 1400 membres provenant de 65 pays à travers le monde.