Non classé

20 janvier : qui, pourquoi et comment ?

Article paru sur Maximini.fr le 19 janvier 2009

A partir de demain, la Guadeloupe sera le théâtre d’une grève générale illimitée sans précédent. Chose exceptionnelle, la mobilisation sera menée par une quarantaine (certains disent une
cinquantaine) d’organisations diverses, qui rassemblent des forces vives et citoyens issues de secteurs professionnels et couches de la société différents et variés. Donc, impossible de prévoir
si, en plus du rassemblement prévu devant le palais de la mutualité de Pointe-à-Pitre, qui devrait être suivi d’un défilé, il y aura d’autres actions voire perturbations.

La Guadeloupe entière se pose la question : que se passera-t-il demain ?
Suite à l’avant-goût que constituaient les rassemblements des 16 et 17 décembre dernier, successivement à Pointe-à-Pitre (en photo) et à Basse-Terre, menés par 34 organisations syndicales,
associatives, de consommateurs ou encore culturelles, on peut s’attendre à une forte et intensive mobilisation.

Le «kolektif kont pwofitasyon» compte désormais plus d’une quarantaine d’organisations rassemblant des citoyens issus de divers secteurs professionnels : éducation, transport, santé,
commerce, agriculture, pêche, services publics, etc.

Pour une redynamisation du pouvoir d’achat, contre la précarité en matière d’emploi, pour la baisse des prix (carburants, produits de première nécessité, transports, ou encore loyers), pour une
aide à la production locale, pour la hausse des salaires, pour la fin des monopoles (comme celui dont bénéficie la SARA en matière de distribution des carburants), plusieurs travailleurs de
maintes entreprises, du privé comme du public, devraient manquer à l’appel.
Autre point sur lequel veulent être entendus les organisations mobilisées : il faudra qu’une concertation soit engagée à chaque fois qu’une décision concernant ou impliquant la population devra
être prise.

Toutes ces requêtes sont adressées aux pouvoirs publics, locaux et gouvernementaux, pointés du doigt comme des collecteurs de «taxes abusives», mais aussi aux importateurs qui
s’octroieraient des «marges exorbitantes» sur les produits distribués, réduisant la Guadeloupe «à une colonie de consommation, avec la complicité de l’Etat».

Comment se traduira le mouvement ? Un rendez-vous a été donné au palais de la mutualité de Pointe-à-Pitre, point de départ d’un défilé dans les rues de la ville.
Mais, pour ne citer qu’un autre exemple, les personnels de l’éducation se sont aussi donné rendez-vous devant les locaux du rectorat, à Grand Camp (Abymes), ce mardi.
Nul ne peut donc dire si les transporteurs de passagers qui se joignent au mouvement ne décideront pas de bloquer la circulation, ni si, faute d’employés, les usagers ne seront pas victimes de
coupures d’eau et/ou d’électricité.
Un meeting d’information doit avoir lieu ce lundi 19 janvier, à 19h, devant le palais de la mutualité.

Mouvement politique ?
La mobilisation a par ailleurs reçu le soutien de partis politiques : du PCG, de l’UPLG et du MODEM Guadeloupe notamment.
Pour sa part, la fédération départementale du PS a émis des réserves, affirmant être solidaire sur toutes les questions sociales soulevées mais ne souhaitant pas que le mouvement prenne une
tournure politique.
Des allusions auraient été faites, par des meneurs de la grève, sur l’évolution statutaire de la Guadeloupe ; un débat qui n’a pas sa place dans l’action qui sera engagé demain, selon les
représentants locaux du parti socialiste.