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Jégo ne mâche plus ses mots !

Ci-dessous un article du Point (http://www.lepoint.fr/actualites-politique/jego-le-conflit-entre-les-colons-et-les-esclaves-nous-remonte-a/917/0/317966)
qui fait une bonne synthèse de la position délicate du Secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer. Même s’il a été loin d’être efficace, reconnaissons-lui au moins qu’il n’est pas beaucoup aidé sur la
gestion de ce conflit.

Jégo : « Le conflit entre les colons et les esclaves nous remonte à la figure »

Yves Jégo ne mâche plus ses mots. Alors que le conflit dans les Antilles s’intensifie et que l’Élysée a repris le dossier en
main
, le secrétaire d’État à l’outre-mer accuse l’extrême gauche de « politiser le conflit ». « Quand M. Besancenot annonce qu’il prend un billet pour la Guadeloupe, il ne se grandit
pas », a regretté mardi sur RMC l’ancien
porte-parole de l’UMP, prévenant : « Ce n’est pas avec une stratégie du chaos qu’on pourra s’en sortir. »

Pratiquement un mois après le début du mouvement, Yves Jégo a admis que la Guadeloupe connaissait une « poussée de tension. » Des barrages ont en effet été élevés dans toute l’île, provoquant de
nombreux affrontements. Mais il a affirmé que le gouvernement essayait de « maintenir les libertés publiques dans un territoire où les gens sont fatigués, à bout ». « La réponse sera républicaine »,
a néanmoins promis le secrétaire d’État, avant de lâcher : « Ça n’est pas forcément nécessaire de bloquer pendant 30 jours un pays pour obtenir des avancées. »

« Changer le modèle économique aux Antilles »

Sur le fond du dossier, Yves Jégo espère que ce sera « la négociation qui l’emporte ». « Ce n’est pas moi qui ai le pouvoir sur les douze personnalités qui peuvent signer l’accord de sortie », a-t-il
fait remarquer. Le secrétaire d’État à l’outre-mer a rappelé la proposition du gouvernement d’obtenir une « baisse des charges sociales aux entreprises qui en ont le plus besoin ». Mais il a
souligné : « Ça n’est certainement pas à l’État de décider d’augmentations de salaire. »

« Tout le reste a été réglé », a martelé Yves Jégo, avant de revenir sur son départ précipité de la Guadeloupe dimanche dernier. « Quand on est secrétaire d’État et que le Premier ministre vous demande de rentrer,
on rentre. (…) Il faut donner physiquement des explications quand vous sentez que vous êtes mal compris. » En revanche, Interrogé sur le soutien dont il a bénéficié de la part de l’UMP, Yves
Jégo a affirmé : « C’est dans ces moments qu’on compte ses amis. » Le nouveau patron de l’UMP, Xavier Bertrand, appréciera.

Une fois le conflit réglé, Yves Jégo souhaite « changer le modèle économique aux Antilles ». « Cette crise, elle traduit autre chose qu’une crise sociale. La structuration de l’économie est
complètement archaïque, c’est un héritage des comptoirs coloniaux », a-t-il reconnu , admettant l’impuissance des pouvoirs publics « dans leur rôle de contrôle et de transparence dans les 30
dernières années ». « Il y a un travail d’histoire et de culture très important », a insisté Yves Jégo, tout en constatant : « Le conflit entre les colons et les esclaves nous remonte à la figure. »