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La Guadeloupe croule sous les déchets

Bravo !
A force de ne pas prendre notre destin en main, de laisser les choses se faire, ou plutôt se défaire petit à petit, on en vient à donner une bien belle image de notre région, comme en témoigne l’article du Figaro paru ce matin !
J’en profite pour rappeler l’absurdité de créer un seul CSDU (à Ste Rose) sans prévoir au préalable (et non ensuite) le la réduction à la source et les filières de tri et de collecte adéquates. J’en profite aussi pour rappeler notre opposition ferme contre un éventuel projet d’incinérateur, où qu’il soit.

Revoir notre communiqué de presse à propos de Ste Rose :
http://cap21-antilles.over-blog.com/article-4629485.html

Voici l’article du Figaro :
http://www.lefigaro.fr/eco/20061229.FIG000000047_la_guadeloupe_croule_sous_les_dechets_faute_d_infrastructures.html

La Guadeloupe croule sous les déchets, faute d’infrastructures

L’île, qui produit 400 000 tonnes de détritus par an pour 450 000 habitants, ne dispose pas des équipements nécessaires pour les traiter.

C’EST INOUÏ mais c’est ainsi. La Guadeloupe, 450 000 habitants, ne dispose quasiment d’aucune infrastructure pour traiter ses 400 000 tonnes de déchets annuels. Le visiteur n’a guère de peine à s’en convaincre : impossible d’ignorer au fil des routes les ­décharges à ciel ouvert qui quadrillent l’île. Seize au total dont seulement trois autorisées. Certaines plus tristement célèbres que d’autres. C’est le cas de la Gabarre qui depuis des lustres pollue la mangrove.
 

Sans parler de ces sacs éventrés qui en appellent toujours d’autres abandonnés dans les ­recoins, ici ou là. Un véritable ­repoussoir pour une île qui fait du tourisme un de ses points d’attraction.

 

En mars dernier, l’incendie qui prend dans un de ces grands dépotoirs provoque la fureur des habitants alentour. L’électrochoc est salvateur. « Il y a une prise de conscience », assure-t-on dans l’entourage du préfet en termes nécessairement calibrés. « Il faut agir de toute urgence », s’emballe Jacques Chouraki, le président d’Ecodec, désespéré de se trouver à la tête d’une magnifique usine de recyclage qui ne tourne qu’à moitié. S’il peut se vanter de piloter la seule unité de valorisation de pneus « de toute la Caraïbe », il ne peut que se lamenter de voir sa chaîne de tri capable de traiter 30 000 tonnes de déchets par an, en train de rouiller : « Lorsque nous avons inauguré l’usine en mars 2004, il y avait 43 salariés. Très vite nous sommes retombés à 24 », poursuit-il.

 

Au milieu des années 1990, toutes les autorités (État, conseil régional, conseil général) s’étaient bien réunies autour de la table pour élaborer un plan départemental d’élimination des déchets. Il est même officiellement présenté en 1997. Il prévoit tout, rien ne se passe.

 

Les communes épinglées

 

« Actuellement, le taux de valorisation des déchets ménagers ne dépasse pas 3 % et celui des déchets industriels banals (non dangereux), 4 % », s’insurge l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Responsables numéros un : les communes, « peu opérantes », renchérit l’agence. « Nous révisons ce plan pour une mise en oeuvre dès 2007 », affirme-t-on à la préfecture où la gestion des déchets est un des objectifs prioritaires. La fermeture des décharges sera la toute première étape.

 

Une et peut-être deux d’entre elles devant être transformées en centre de stockage de déchets ultimes. « Il faut mener les actions de façon concomitante », poursuit la préfecture : collecte sélective des déchets ménagers, création de centres de tri, mise en place d’un réseau de ­déchetteries, compostage, construction d’une installation de ­traitement thermique… Même si cette fois-ci la préfecture semble penser que le programme va se réaliser, la prudence reste de mise : aucune échéance précise n’est annoncée. Pourtant les sommes en jeu ne sont pas ­négligeables. La seule entreprise Ecodec a mobilisé 17 millions d’euros dont 64 % sur la base de ­financements publics (Feder, ­région, département et Ademe). Une somme rondelette pour une entreprise qui tourne à la moitié de sa capacité depuis plus de deux ans.