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Chlordécone : Cap21 a porté plainte contre l’arrêté du 10 octobre 2005

Communiqué de Presse du 16 février 2006

La question de la pollution par le Chlordécone reste toujours aussi préoccupante et dangereuse pour la santé des habitants, comme le confirment les mesures effectuées sur une quinzaine de sources en Martinique et rendues publiques la semaine dernière.

S’il est toujours aussi important d’informer nos concitoyens sur les risques encourus, rien aujourd’hui de nouveau ne modifie la situation par rapport à l’année dernière : aucune étude n’a été achevée depuis permettant de quantifier les niveaux d’exposition ou les risques sur la santé des consommateurs, aucune action de dépollution de grande ampleur n’a été menée.

Or, depuis le 10 octobre 2005, l’Etat a "relâché la bride" en autorisant la commercialisation de produits contenant du chlordécone jusqu’à un certain seuil. Alors que tout le monde s’inquiète des conséquences sanitaires, environnementales et économiques de cette pollution, la décision de l’Etat ne peut faire que raviver les inquiétudes d’un retour à une gestion "à la légère" de cette catastrophe, inquiétudes qui avaient été un peu dissipées par les mesures de précaution adoptées en 2002 et 2003.
Il est intéressant également de constater que les ministères qui ont pris cette décision sont ceux qui participent le moins au financement des études et des contrôles mis en place.

Cap21, en décembre dernier, a décidé d’attaquer la légalité de cet arrêté car il est fondé sur des connaissances insuffisantes, aussi bien sur le niveau de contamination des aliments, les modes de consommation alimentaire que sur les effets du CHlordécone sur la santé.

De plus, les seuils fixés font abstraction du fait que les effets du chlordécone sont cumulatifs et que les antillais des zones contaminées ingèrent depuis 30 ans des quantités de chlordécone nettement supérieures au seuil de toxicité chronique.
Autrement dit, on autorise des niveaux de contamination des aliments "comme si" jusqu’à maintenant personne n’avait ingurgité de chlordécone.

Enfin, nous avons attaqué la légalité de l’arrêté au motif qu’il va à l’encontre de la Charte de l’Environnement. Cette dernière stipule dans son article 1er que "Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de sa santé".

Actuellement, le dossier est examiné par le Conseil d’Etat, dont nous attendons la décision.