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Pollution au Chlordécone : la situation ne s’améliore pas

Communiqué de presse de Cap21 Outre-Mer du 31 août 2006 :

Pollution au Chlordécone : la situation ne s’améliore pas

 


Cap 21, parti politique fondé par Corinne Lepage, déplore que la situation concernant la pollution au chlordécone ne soit pas considérée à sa juste importance :

 

– les mesures de la pollution des eaux de surface et des nappes souterraines par le chlordécone et les autres pesticides ne sont pas assez nombreuses pour assurer un suivi statistique fiable de la qualité globale de la ressource en eau. Or, le dernier rapport de l’IFEN sur la qualité des eaux en 2003-2004 confirme qu’une part non négligeable des eaux de Guadeloupe et la majeure partie des eaux de Martinique sont impropres à la consommation (*).

 

– le niveau des indemnisations proposées aux agriculteurs touchés par la pollution au chlordécone (3000 € maximum par exploitation) est nettement insuffisant au regard des préjudices moral et financier subis par les agriculteurs et pour répondre aux besoins de réorientation des productions.

 

Fixer l’indemnisation à un niveau indépendant du préjudice subi revient à considérer cette aide comme une « aide de secours » et donc à ne pas reconnaître le rôle actif joué par l’Etat dans cette crise agricole.

 

Ce choix est par ailleurs de mauvais augure de l’accompagnement que les Antillais pourraient attendre de l’Etat s’il était avéré que la population encoure des risques sanitaires dus à la pollution au chlordécone qu’ils subissent depuis 30 ans et qu’ils continuent de subir (Cf l’autorisation donnée en octobre 2005 de commercialiser de nouveau des aliments contenant du chlodécone).

 

Cap21 demande en conséquence:

 

          que la participation de l’Etat soit réévaluée et tienne compte de la réalité des préjudices subis par les agriculteurs concernés par la pollution au chlordécone.

 

          que l’Etat et les collectivités locales agissent pour décontaminer les sols pollués par le chlordécone, qui sont et seront à l’origine de la pollution des rivières et des nappes pour encore de nombreuses décennies.

 

          que les produits alimentaires commercialisés soient analysés avec plus de régularité et sur des échantillons plus significatifs et que la surveillance des captages d’eau soit renforcée

 

          que l’Etat revienne sur l’arrêté publié en octobre dernier et qui autorise la commercialisation de produits contenant du chlordécone, arrêté attaqué par CAP 21 devant le Conseil d’Etat

 

Benoit CHAUVIN, Délégué Outre-Mer

 

(*) En ce qui concerne plus le Chlordécone, les résultats du rapport de l’IFEN sont éloquents :
– pour la Guadeloupe, 12% des mesures effectuées sur les eaux superficielles et 72% des mesures en eaux souterraines mesurent une pollution au chlordécone. Pour la Martinique, toutes les mesures effectuées, superficielles ou souterraines, détectent une pollution au chlordécone.
– la médiane des concentrations de chlordécone mesurées affichent 0,3 à 0,
4ug/l pour les eaux superficielles et 0,11 à 0,13 ug/l pour les eaux souterraines. Le seuil de potabilité de l’eau étant de 0,1 ug/l on peut en déduire que sont impropres à la consommation sans traitement spécifique :
         – 12% des eaux superficielles de Guadeloupe et la quasi-totalité de celles de Martinique.
         – 1/3 des eaux souterraines de Guadeloupe et les 2/3 de celles de Martinique.

 

Contact: Benoit Chauvin – Tél / fax : 05.90.27.17.60. http://www.cap21.net