Non classé

Question écrite de Mme Rimane au ministre de la Santé Xavier Bertrand

je vous relaie la question au ministre de la santé posée par Mme Juliana Rimane, députée UMP de la Guyane, concernant les mesures prises ou envisagées par le ministre pour faire face à l’épidémie de dengue qui sévit depuis la fin de l’année dernière en Guyane.

Au-delà du fait que M.Xavier Bertrand considère que la Guyane est une île (sic!), les moyens proposés pour faire face à l’épidémie actuelle paraissent dérisoires et surtout on a l’impression que rien n’est anticipé en cas de recrudescence de l’épidémie lors de la prochaine reprise de la saison des pluies. Tout se passe comme si nous reprenons le même chemin que pour la gestion du Chilungunya à la Réunion…

Voià la question de Mme Rimane :

Monsieur le ministre de la santé, la Guyane est confrontée depuis novembre 2005 à une épidémie de dengue préoccupante par son ampleur et sa nature. Cette maladie transmise par les moustiques se manifeste par une forte fièvre, des courbatures et une asthénie. Souvent bénigne, elle peut être grave, selon le type de virus en cause. Or, le virus actuellement en circulation est responsable d’une forme très grave de la maladie : la dengue hémorragique.

L’épidémie a commencé à se développer dans l’ouest, jusqu’alors épargné par la dengue, puis s’est étendue à l’ensemble de la Guyane. En quatre mois, sur 3 220 tests sanguins, 800 se sont révélés positifs ; 58 personnes ont été hospitalisées, dont 40 avec des formes sévères de la maladie. Le décès récent de deux jeunes enfants a suscité une profonde inquiétude, d’autant plus grande que les pays voisins sont également touchés. Les autorités brésiliennes ont en effet recensé plusieurs centaines de cas, dont deux mortels. Les Guyanais craignent que les actions entamées dans leur département pour lutter contre la dengue soient vaines si elles ne sont pas conduites avec la même efficacité au-delà des frontières. Les moustiques ignorent en effet ces dernières.

Autre sujet d’inquiétude : le retour prochain de la saison des pluies. La prolifération de moustiques qui l’accompagne laisse redouter que le pic de contamination soit devant nous.

Quelles mesures allez-vous prendre, Monsieur le ministre, et avez-vous prévu une coopération sanitaire avec les pays voisins ?

M. Xavier Bertrand, ministre de la santé et des solidarités L’épidémie de dengue se situe à un niveau élevé, c’est vrai, alors que nous ne sommes pas encore dans la saison des pluies. Je me suis entretenu ce matin avec le préfet pour faire le point. Nous sommes avant tout mobilisés sur la prévention, c’est-à-dire sur la démoustication. Après ma visite en Guyane, le préfet a demandé des moyens supplémentaires, notamment pour la convention entre l’État et les collectivités locales. Plus de 589 000 euros ont déjà été débloqués. Et nous avons aussi débloqué des crédits pour la communication sur place, sachant que c’est aussi à chacun d’opérer chez lui et autour de chez lui la démoustication.

Deuxième aspect de la question : la capacité hospitalière et médicale. Nous avons fait venir en Guyane dix spécialistes, avant même la saison des pluies, afin d’être en mesure d’anticiper et de prendre en charge tous les cas graves. Pour apprécier la situation et assurer la veille sanitaire, 5 000 kits de dépistage automatique ont été mis à la disposition de l’institut Pasteur et de tous les laboratoires, publics et privés, de l’île.

Enfin, il faut mener des recherches. La mission de recherche conduite par le professeur Flahaut à La Réunion et à Mayotte sera mise en place de la même façon en Guyane. Le professeur Flahaut s’y rendra du 24 au 28 avril.