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Oscar Temaru pose à Chirac un lapin polynésien

Article de Libération, 24 juin 2006

Le courant ne passe décidément pas entre Jacques Chirac et le président (indépendantiste) de la Polynésie, Oscar Temaru. Les deux hommes n’arrivent toujours pas à se voir. Après des mois d’attente, un rendez-vous était prévu à l’Elysée vendredi après-midi. Mais il n’a pas eu lieu. Le dirigeant polynésien a décidé de ne pas l’honorer.

Refus.
Pourtant, depuis son élection en mars 2005, Oscar Temaru réclame un tête-à-tête avec Chirac. Ce dernier, qui reçoit régulièrement et seul à seul, des élus d’outre-mer, le lui avait toujours refusé. Il continue aussi à voir souvent son ami, le très controversé Gaston Flosse (UMP), ancien président de la Polynésie, condamné mardi à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Papeete pour prise illégale d’intérêt.

Face-à-face.
En début de semaine, la délégation polynésienne, présente à Paris pour un sommet France-Océanie qui débute lundi, réécrit à l’Elysée pour obtenir un tête-à-tête Chirac-Temaru. Pour éviter ce face-à-face, les services de la présidence de la République concoctent une rencontre à trois, avec deux dirigeants de territoires français du Pacifique : la Calédonienne Marie-Noëlle Thémereau et Victor Brial de Wallis-et-Futuna. Refusant ce nouvel affront, Temaru décide, jeudi soir, de ne pas se rendre à l’Elysée. Informée vendredi, à la dernière minute, de cette décision, la présidence finit par joindre les proches de Temaru et propose dix minutes d’entretien avant la réunion avec les autres responsables du Pacifique. Selon l’Elysée, le dirigeant polynésien aurait fait part de son intention de venir. Il s’est désisté. Sans prévenir.

Défiance.
Durant une bonne vingtaine de minutes, vendredi après-midi, Chirac et son ministre de l’Outre-mer, François Baroin, ont attendu. «Force est de constater que Monsieur Temaru n’est pas venu. On le regrette», a assuré le ministre. Injoignable vendredi soir, tant pour l’Elysée que pour les journalistes, Oscar Temaru et ses proches n’ont pu s’expliquer. Leur geste est cependant révélateur de la défiance qui règne entre Papeete et Paris depuis l’élection d’un indépendantiste à la tête de l’archipel. Le sommet France-Océanie auquel doit participer Temaru aux côtés, notamment, de représentants de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande se présente sous de mauvais auspices.