Inco Falconbridge : retournement de situation
Le projet de l’usine du Nord, en partenariat entre la SMPS et Falconbridge, est désormais de nouveau sur la sellette, mais pour une autre raison.
Si auparavant on pouvait penser que le rachat de Falconbridge par Inco allait favoriser le projet de Goro et retarder celui du Koniambo, c’est désormais le rachat de Falconbridge par le suisse Xstrata qui remet le projet lui-même en question. Ce dernier s’est en effet toujours déclaré réticent pour réaliser le projet de mine du Nord.
Et si finalement la KNC devait se baser sur d’autres ressources que le seul minerai pour baser son développement économique ? S’il en profitait pour jeter les bases d’une économie durable et respectueuse de l’environnement ?
Voici l’article des Nouvelles Calédoniennes résumant la situation :
Inco rate son mariage avec Falconbridge
Les deux compagnies minières canadiennes n’uniront pas leurs destins. L’OPA d’Inco s’est achevée samedi sur un échec. Xstrata, peu encline à poursuivre le projet Koniambo sous sa forme actuelle, semble tenir la corde.
Une page vient de se tourner dans le feuilleton du rachat de Falconbridge. Inco, deuxième producteur mondial de nickel et initiateur du projet Goro Nickel, n’a pas réussi à obtenir plus de 50 % des actions de Falconbridge, quatrième du secteur, au terme de son OPA qui s’est clôturée dans la nuit de jeudi à vendredi dernier.
« Le groupe a par conséquent décidé de mettre fin à son offre d’achat », a indiqué Inco vendredi, laissant le champ libre à Xstrata. Inco et Falconbridge avaient annoncé leur mariage l’automne dernier, mais Xstrata n’a jamais lâché prise pour s’emparer du groupe canadien, se lançant dans une surenchère qui a presque fait doubler le prix de l’action de Falconbridge en moins d’un an.
Calcul à court terme
La première offre d’Inco valorisait Falconbridge à 10,6 milliards de dollars américains, mais la ténacité de Xstrata aura poussé Inco aux limites de ses capacités, le forçant à se tourner fin juin vers l’américain Phelps Dodge pour ajouter à la mise. Dans sa dernière offre, en numéraire et en actions, présentée le 17 juillet, Inco proposait 65,27 dollars canadiens (57,44 USD) pour chacune des actions de Falconbridge, valorisant le groupe à 24,3 milliards de dollars (21,4 milliards USD).
La fusion prévoyait d’importantes synergies entre les deux groupes à Sudbury (Ontario), capitale mondiale du nickel, et bien sûr en Nouvelle-Calédonie. « Nous sommes déçus. Nous pensons que la combinaison entre Inco et Falconbridge est de loin supérieure à celle entre Falconbridge et Xstrata, mais le monde dans lequel nous vivons est celui des fonds d’investissements à haut risque », a déclaré à John Kinsey, analyste chez Caldwell Securities. « Les gens des fonds d’investissements à haut risque veulent faire de l’argent le plus rapidement possible et ne se soucient guère des bénéfices à long terme d’une fusion », a-t-il ajouté.
Xstrata en pole position
L’offre de Xstrata court jusqu’au 14 août et il ne fait plus l’ombre d’un doute qu’elle lui permettra de rafler la mise sur Falconbridge, estiment les analystes. Xstrata a exhorté vendredi les actionnaires de Falconbridge à accepter son offre d’achat, après le retrait de celle d’Inco, pendant que la direction de Falconbridge indiquait qu’elle allait examiner la situation. « Il est très probable que Xstrata s’emparera de Falconbridge, je dirais que la probabilité est de 99 % », a déclaré Larry Smith, analyste chez Blackmont Capital. En Nouvelle-Calédonie, la réussite de l’OPA du Suisse, qui n’a jamais caché ses réticences à réaliser l’usine du Nord sous sa forme actuelle, ferait peser de sérieux doutes sur la conduite du projet Koniambo.
Jointe hier par téléphone, la Société minière du Pacifique Sud, majoritaire dans le projet Koniambo, n’a pas souhaité commenter cette information pour le moment.